bunq, la magie est partie et ce n’est pas un poisson d’avril !

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La banque bunq brillait de par sa compétence technique et les granularités offertes aux clients de leur offre premium à 7,99€.

Une personnalisation avancée :

Pour rappel, il était possible de gérer les plafonds par type de paiement (sans contact, piste magnétique, retrait, en ligne, chez le commerçant et même en ligne sans le cryptogramme). Ces possibilités permettaient de définir un plafond journalier et même de désactiver un type de paiement spécifique.

Cela était couplé avec la possibilité de choisir cela carte par carte ( l’offre incluant 3 cartes physiques ) et même de définir une zone du monde ou des pays spécifiques dans lesquels la carte devait être acceptée ou non. Quand vous indiquez par exemple vouloir autoriser la Suède, l’application bunq vous rappelait qu’il fallait activer les paiement par piste magnétique et vous pouviez choisir si c’était pour tout le temps ou une période spécifique.

On avait donc un contrôle total des cartes et de manière individuelle. A cela vous ajoutez une limite par commerçant. Si vous aviez payé une fois chez Amazon, vous pouviez ensuite choisir quel est le montant maximum autorisé par paiement chez Amazon et même les bloquer par la suite ou assigner un paiement à un compte spécifique.

Un abonnement chez Spotify ? Vous l’aviez dans la liste et vous définissiez un plafond à 10€ par transaction que vous assignez alors sur un compte dédié aux abonnements Spotify, Netflix,…

Un downgrade en catimini :

Le 8 octobre 2018, les utilisateurs de bunq auraient pu croire à une mauvaise blague de Ali le fondateur, mais non, c’était bien réel, toutes ces fonctions furent purement et simplement supprimées.

Le plus intriguant, c’est que la banque s’est gardée de communiquer là dessus. On sait qu’Apple met du temps à valider les applications sur le store. bunq a bien attendu que tous les stores diffusent les mises à jour de l’application avant d’annoncer ce qu’elle contenait.

En fait, la mise à jour de l’application ne faisait pas mention dans les notes de version de cette modification majeure.

Des utilisateurs ont découverts la suppression des menus, puis quelques heures après la communication est tombée, bunq a tout supprimé, terminé les limites par carte, terminé la gestion des plafonds par type de paiement, terminé la restriction par commerçant et l’assignation d’un commerçant à un compte dédié.

Une absence de communication à l’opposé de son principe de transparence :

La banque est restée silencieuse aux plaintes des clients et a terminé en verrouillant la discussion. Cette politique est à l’opposée de l’idée de transparence qu’elle prônait. Ne pas aviser les clients en amont, ne rien indiquer dans les notes de changement de version, cela montre clairement une volonté d’imposer ce choix.

Face aux critiques, bunq a décidé de communiquer en indiquant qu’ils ont fait cela pour le bien être des clients, et que ces fonctionnalités n’étaient pas utilisées. Ce bon vieux refrain « personne ne l’utilisait » pour justifier que vous êtes l’exception et donc on a supprimé un service en place sans communiquer. Comme on dit en France « qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ».

Il n’y a aucune raison qui colle aux explications de bunq sur cette position unilatérale et brutale de leur part. L’explication que nous voyons c’est qu’ils auraient opéré un changement de prestataire pour les flux ou alors que ces fonctionnalités se révèlent trop coûteuses chez leur prestataire actuel.

Une balle dans le pied !

bunq,  qui était la banque la plus avancée chez les Néobanques, se retrouve à présent bonne dernière avec un service à 7,99€/mois et des fonctionnalités de gestion / sécurité de la carte plus faibles que dans les banques classiques.

Revolut est donc à nouveau la Fintech ayant le plus de fonctionnalité en matière de sécurité et de configuration possible sur les cartes et cela dès 0€.

On était très fan de bunq malgré le tarif car un service et un écosystème justifiait ce prix. A présent, on est très loin d’un service intéressant, qui rappelons le, facture 1,5 % de frais lors d’un paiement en devises.

On ne se console même pas avec le mode offline

En maigre lot de consolation, bunq s’est décidé à activer le mode hors ligne toléré dans la limite de 250€.Ce plafond peut sembler bien haut, mais limité à 1 transaction. Un fonctionnement comme N26 avec 100€ mais 3 paiements est nettement plus adapté aux situations nécessitant du hors ligne.

Pas de retour en arrière envisagée :

Il est exclu chez bunq de faire machine arrière sur ces fonctionnalités. Cette position de leur part, qui contraste totalement avec leur image et slogan, laisse réellement penser à un changement de prestataire ne supportant pas un tel niveau de service.