Girogo, la solution pour les paiements offline

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Nous avions exposé récemment certaines difficultés rencontrées par les utilisateurs des cartes bancaires distribuées par les néobanques. Nous nous étions plus particulièrement attardés sur la problématique des paiements offline. Nous avions également présenté le réseau domestique français CB.

Aujourd’hui, nous allons donc rendre visite à nos voisins allemands et vous présentez une des spécificités de leur offre bancaire.

Giro : le réseau domestique allemand

Contrairement à son homologue Français, Giro a une emprise sur les banques et peut donc dicter des mesures, des procédures et être au centre des nouveaux projets.

La EC-Karte ou Girogo

Disponible dans toutes les banques établies en Allemagne, il s’agit de la carte de référence en Allemagne. Son taux d’acceptation y est bien supérieur à Visa ou Mastercard. Cette carte inspirée d’un système 100 % online (comme toutes les cartes des Fintech) a subi plusieurs évolutions afin de palier aux plaintes et simplifier la vie des usagers.

Dans un premier temps, les banques ont débrayé le blocage des fonds après chaque paiement. Le but étant d’éviter de geler inutilement de l’argent, donc seul le solde est contrôlé au moment du paiement. Dans ce schéma là, l’argent n’est pas réservé et le client peut se retrouver en débiteur sans y avoir le droit.

La problématique des paiements offline

Fort de cette évolution, Giro a répondu à un autre problème, celui des transactions refusées car le terminal n’avait pas de connexion ou rencontrait un dysfonctionnement technique occasionnant un refus de paiement. En regardant ce qui se faisait en France avec « CB » l’idée GiroGo est née afin de mettre du hors ligne sur les GiroKarte.

Fonctionnement de Girogo

Concrètement, le client active le service GiroGo sur sa EC-Karte via le portail client de sa banque.

Une fois activé, il va devoir provisionner une somme (on va prendre 100€ en exemple). La provision s’effectue soit en passant dans un DAB (Distributeur Automatique Bancaire) ou un GAB (Guichet Automatique Bancaire), via un commerçant compatible. Certaines banques proposent de le faire via leur portail client.

Une fois la provision bloquée, les 100€ sont retirés du compte du client et mis sur un compte « GiroGo ».

La fonction est alors activée sur la carte, et la carte va avoir une capacité de hors ligne préférée (comme nos cartes traditionnelles Française) jusqu’à 50€ de la provision bloquée.

Quand le client va payer chez un commerçant, la carte va cumuler dans un compteur interne les transactions hors ligne et dès qu’elle atteint 50€ elle lance une demande d’autorisation.

Si l’autorisation est acceptée, le compteur est remis à 0.

Mais si l’autorisation est refusée, en cas de fond insuffisant uniquement, alors le compteur n’est pas réinitialisé et le système est désactivé.

Cela semble complexe à appréhender mais dans les faits c’est très simple.

Vous réservez 100€ et ensuite vous utilisez normalement votre carte. Vous ne remarquez rien de spécifique, sauf si vous commencez à dépenser de l’argent que vous n’avez pas. Mais ce serait pareil en France, ce qui conduirait votre conseiller à bloquer votre carte pour utilisation abusive.

L’équilibre est excellent, car des clients qui gèrent leurs finances et ne dépensent pas l’argent qu’ils n’ont pas ont une souplesse et un taux d’acceptation plus élevé.

Au contraire, les dépensiers qui ne gèrent pas, la fonctionnalité se désactive. Le séquestre de 100€ va servir à couvrir les transactions hors ligne qui vont monter dans les prochains jours et pour lesquelles les fonds ne sont pas sur le compte.

N26 est sur le principe du hors ligne « toléré » cela veut dire que si le terminal a un incident technique et n’est pas forcé en hors ligne, la transaction sera refusée. Avec le principe de fonctionnement de nos cartes Françaises et GiroGo, la transaction sera tout de même acceptée car le hors ligne sera « préféré » par la carte jusqu’à un montant prédéfini dans la puce.

Si on vous parle de ce principe, c’est qu’il permet de trouver un équilibre entre l’autorisation des cartes « punitives » distribuées par toutes les Fintech & Néobanques et la tolérance pour mettre fin aux paiements refusés lorsque le terminal n’a pas de liaison possible et cela partout dans le monde.

Pour l’heure, la fonctionnalité n’est active que sur les paiements en sans contact. On comprend qu’il y a aussi un intérêt, c’est de gagner en vitesse de paiement, car prendre une autorisation en sans contact réduit considérablement l’intérêt de ce mode de paiement.

Fidor en Allemagne semble être la première Fintech a intégrer une fonctionnalité inspirée de cette idéologie permettant par exemple d’avoir la mention DEBIT&CREDIT sur les cartes.

Nous avons hâte de voir quelle sera la première Fintech française, Max , Nickel à s’inspirer de cette idée et la reprendre à sa sauce afin de réserver un montant pour obtenir une carte moins punitive et donc moins stigmatisante. Une fonctionnement à la girogo réduit également la part de risques couru par les néobanques jusqu’ici réfractaire aux paiements offline.

L’autorisation systématique sur une carte impose d’avoir une carte de secours lors des déplacements, car les situations de hors ligne sont fréquentes et cela dans tous les pays du monde.