DAC

La Pré-Autorisation, un message technique de plus en plus utilisé.

Temps de lecture : 7 minutes

Avant de plonger dans le vif du sujet, il est bon de rappeler la différence entre autorisation et pré-autorisation.

L’autorisation :

Il s’agit d’une opération qui vise à demander un accord à la banque pour un montant déjà connu. La banque répondra alors par l’affirmative ou la négative et restera dans l’attente du message final pour la capture des fonds.

La pré-autorisation :

C’est une opération différente. On avise la banque qu’on souhaite obtenir un accord de principe pour une somme maximale. On transmettra par la suite l’ordre final pour clôturer cette demande.

Au quotidien, la pré-autorisation est employée dans différentes situations :

  • Les locations (véhicule, machine, équipement…)
  • Les distributeurs automatiques (carburant, boisson, confiserie…)
  • Les réservations (hôtels, vols, séjours…).

Ce ne sont que quelques exemples, car les cas d’usages sont très vastes et variés.

En pratique :

Pour expliquer, nous allons prendre l’exemple d’un DAC (Distributeur Automatique de Carburant). C’est face à ce type d’équipement que les clients avec une carte à autorisation systématique, couplée à un séquestre découvrent ce qu’est la pré-autorisation.

Quand vous prenez du carburant, vous insérez votre carte, vous sélectionnez éventuellement le carburant souhaité et vous terminez par la saisie de votre code. Après quelques instants le DAC vous indique « allez vous servir, maximum 150€ ».

En réalité, il affiche 150€ en limite car c’est le montant qu’il a demandé à votre banque. Montant pour lequel votre banque a donnée son accord. En faisant cela, elle a ouvert un dossier technique de pré-autorisation auquel est assigné un numéro.

Une fois que vous avez terminé de vous servir en carburant, vous raccrochez le pistolet. Peut-être que vous avez déjà remarqué que l’affiche indique « paiement en cours » ou un message se rapprochant ? voici en réalité ce qui se passe.

Le DAC reprend contact avec l’émetteur de votre carte en lui rappelant le numéro de dossier en plus du numéro de la carte afin de redresser l’opération.  On parle d’un MTI 04xx (Message Type Indicator).

Sur une carte VISA ou American Express (pour n’en citer que 2), le MTI annule le dossier de pré-autorisation, et lance une demande d’autorisation du montant réellement utilisé, par exemple 40€ (on image que vous en avez eu pour 40€ de carburant).

Si votre carte est une Mastercard, le MTI est plus efficace. Contrairement aux autres réseaux, qui nécessitent 2 messages (l’un qui annule et l’autre qui réalise une autorisation), Mastercard n’a qu’un seul message. Par le même MTI sur un réseau Mastercard on réajuste la pré-autorisation et on la transforme en autorisation.

Ce dialogue s’opère dans les secondes qui suivent le moment où vous raccroché le pistolet. C’est une obligation, y déroger viendrait à enfreindre les règles des réseaux Visa, Mastercard, CB, Amex… Ces réseaux imposent que la pré-autorisation soit bouclée dans les 20 minutes pour les DAC après la livraison du carburant.

Un fonctionnement identique dans le monde entier:

Contrairement aux idées reçus, tout les DAC sont connectés. aucun n’est déconnecté, cela n’existe pas. Ils fonctionnent de la même façon dans tout les pays du monde et supportent les particularités des réseaux. Faute de quoi, ils n’auraient pas l’agrément pour êtres installés chez les pétroliers.

La variante qui existe pour les DAC repose uniquement sur l’authentification du porteur, c’est à dire sur le besoin de saisir ou non le code PIN. Aussi surprenant que cela puisse semble, il y a une procédure dite « no CVM » qui autorise le DAC à obtenir une autorisation jusqu’à 100€ (ou équivalent) sans qu’un code PIN soit requis ou une signature.

Cette méthode « no CVM » sur les DAC est vouée à disparaître avec l’intégration des puces dans les cartes bancaires. Il est surtout attendu que le parc de cartes aux USA soit enfin sécurisé et que toutes les cartes soient munies d’une puce, le pays est très en retard sur la sécurité des cartes.

Il n’y a aucune autre particularité qui doive retenir votre attention. Il y a principalement 3 équipementiers qui font la monétique pour les DAC dans le monde. Ils utilisent le même système pour tous les pays, c’est normé.

Et maintenant qu’on a fini le plein ?

Cette parenthèse faite, revenons en à notre MTI ! L’émetteur de votre carte réceptionne le message technique en fin de distribution. Il dispose alors de tous les éléments pour le débit qui sera réclamé à la prochaine télécollecte par le DAC. Votre compte sera alors débité des 40€, en moyenne sous 2 jours ouvrés après votre passage chez le pétrolier.

Si votre émetteur de carte a débité virtuellement les 150€ de votre compte (il a donc placé un séquestre), il dispose déjà de tous les éléments pour relâcher les 110€ excédentaires à votre opération.

Du coté de votre banque ou néobanque :

Toutes les Néobanque/Fintech n’ont pas la même approche :

  • Certaines ne font rien en fait et vont garder tout de même les 150€ bloqués.
  • D’autres vont afficher 110€ en crédit mais sans les rendre disponibles pour autant.

Les possibilités sont nombreuses. Mais seules les bonnes élèves vont traiter le message est vous débloquer immédiatement les 110€. C’est le cas de Morning ou de bunq ( ndlr : ne mettez surtout pas un B à bunq ) par exemple. Vous n’aurez qu’un nouveau séquestre de 40€ et non plus de 110€ car ces 2 Fintech traitent intégralement les informations des DAC.

Il n’y a pas de contraintes pour les Néobanques à traiter les redressements. Cela ne relève que d’une question de volonté, contrairement aux DAC qui ont obligation de réaliser le redressement sous 20 minutes.

Lorsqu’une Néobanque ne traite pas les messages techniques, elle ne va libérer les 110€ qu’au moment de la compensation. C’est cette étape ultime et commune à toutes les opérations de règlements qui clôture le processus de paiement  et qui débite réellement et non plus virtuellement un compte en banque.

Des dispositifs sont prévus afin que l’émetteur de la carte donne une réponse au DAC lors de l’opération de redressement (indépendamment du fait qu’il traite ou non le message). Cela permet au DAC d’avoir la confirmation que le message a bien été délivré.

Dans de très rares cas, il est possible que le message ne remonte pas, exemple un incident technique ponctuel après la livraison du carburant, mais cela étant très rare, un mécanisme est prévu pour « relancer » le message ultérieurement en votre absence.

Nous avons vu le fonctionnement sur les DAC, mais lors de réservations d’hôtel, voiture… les pré-autorisations existent le parcours est alors un peu différent.

Direction l’hôtel :

Lors de votre arrivée dans un hôtel, il n’est pas rare que l’on vous demande une carte bancaire et même si votre chambre est payée par un tiers (exemple votre employeur, un coffret cadeau…).

L’hôtelier ouvre un dossier de pré-autorisation avec votre banque, on parle alors de PLBS (Paiement pour la Location de Biens et Services). Derrière cette définition de PLBS se cache tout un éventail de services et situations. Nous allons nous concentrer sur l’hôtellerie.

Le but de la démarche, c’est d’avoir une sécurité pour l’hôtelier si vous occasionnez des dégradations ou si vous consommez des services comme des boissons ou des services TV payants…

Le DAC doit clôturer les pré-autorisations sous 20 minutes. Dans le cas d’un PLBS, le délai est porté à 30 jours. Une fois ce délai échu, le dossier est clôturé et le détendeur de la pré-autorisation s’expose donc au risque de voir sa demande de redressement ou de compensation déclinée par l’émetteur de la carte en raison du non respect des délais (on parle de présentation tardive).

Le délai est de 30 jours, car il est très rare que vous libériez une chambre 20 minutes après avoir pris possession des lieux, pareil pour un véhicule.

La particularité du PLBS :

On a évoqué une particularité pour les DAC avec le « no CVM », on va en évoquer une pour le PLBS.

Le PLBS permet de dépasser le montant pré-autorisé. C’est sa particularité, il y a une tolérance de 10 % en moyenne sous réserve que la pré-autorisation soit faite avec une carte insérée dans le terminal et saisie du code PIN. Toutes autres méthode (lecture piste, saisie manuelle…) n’autorisent pas d’outre passer le montant précisé dans le dossier de pré-autorisation.

Conclusion :

En conclusion, vous savez à présent qu’il existe 2 canaux de pré-autorisation :

  • L’un spécifique aux DAC , Distributeur Automatique de Carburant.
  • L’autre plus générique et global nommé PLBS.

Le but d’une pré-autorisation est le même pour les 2 méthodes. A savoir, obtenir une autorisation de paiement par l’émetteur de la carte sans pour autant connaître d’avance le montant exact, ou même s’il sera nécessaire de débiter une quelconque somme.

C’est un mécanisme qui permet donc aux émetteurs justement de ne pas passer l’opération au débit (virtuellement) de votre compte, mais d’attendre le MTI pour le faire.

Une carte de crédit (adossée à un crédit renouvelable) par exemple va délivrer un accord lors de la demande de pré-autorisation sans pour autant soustraire cette somme de votre crédit renouvelable disponible. L’organisme va attendre le MTI pour débiter le montant indiqué de votre crédit renouvelable disponible.

Les loueurs réclament souvent des cartes «CREDIT» car ces cartes intègrent parfaitement le fonctionnement de la pré-autorisation, alors qu’avec des cartes «DEBIT» ou «PREPAID» la pré-autorisation est souvent soustraite du compte (et donc de l’avoir disponible), et le redressement n’est pas toujours traité efficacement par l’émetteur.

Une carte traditionnelle en « DEBIT » fonctionne en réalité comme une carte « CREDIT », la pré-autorisation ne s’affiche pas et ne touche pas au solde de votre compte et cela même quand le MTI remonte à l’émetteur. Il attendra la télécollecte pour débiter réellement votre compte.

Pour une carte Néobanque/Fintech/Client Fragile, en « DEBIT » ou « PREPAID » il est important de souligner que vous devez avoir le montant de la pré-autorisation sur votre compte. A défaut l’autorisation ne sera pas donnée, et dans le cas d’un DAC, impossible de vous servir en carburant.

Il n’est pas possible de connaître d’avance le montant que le DAC va demander (sauf à avoir l’habitude d’aller au même DAC et connaître le montant qu’il demande). La pré-autorisation des DAC se situe entre 90€ et 150€ généralement, ou équivalent.

Nous vous conseillons d’avoir toujours au moins 150€ de disponible afin de pouvoir vous ravitailler en carburant, et vous assurer également que l’émetteur de votre carte traite bien immédiatement le MTI et n’attend pas la compensation pour vous débloquer le séquestre.