paiement en 3 fois

Le paiement en 3 ou 4 fois avec votre carte bancaire

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Après vous avoir expliqué la merveilleuse mécanique des virements, nous allons aborder un autre sujet tout aussi intéressant : Le paiement en plusieurs fois avec votre carte bancaire. Une petite visite sur les différentes communautés sociales dédiées aux néobanques nous a conforté dans notre choix puisqu’il s’agit là d’une question récurrente : Puis je payer en plusieurs fois avec ma carte bancaire ?

Avant de plonger dans le coeur du problème, il nous semblait important de présenter ou représenter les différents types de cartes bancaires communément disponibles pour les utilisateurs français.

Les cartes de débit :

Les cartes à débit immédiat :

Le montant des transactions est débité du solde client dès validation de l’opération par la banque du commerçant (on parle de débit au fil de l’eau). L’autorisation porte essentiellement sur un contrôle des plafonds de retrait et de paiement. Il est tout à fait possible de disposer d’un découvert avec une carte à débit immédiat.

Les cartes à autorisation systématique adossée à un séquestre :

Il s’agit là des cartes distribuées par les néobanques comme Nickel, Max ou des banques traditionnelles aux clients présentant un risque. Il s’agit là des fameuses cartes fonctionnant en temps réel et pour lesquels le contrôle se fait sur le solde du compte et suite à quoi le montant est alors bloqué sur votre compte.

Ces 2 types de cartes portent la mention « DEBIT » et rien ne permet de différencier une carte à débit immédiat d’une carte à autorisation systématique. Sauf à connaître le visuel d’une carte Nickel ou Max pour ne citer que ces 2 établissements.

Les cartes de crédit :

Les cartes à débit différé :

Le montant des transactions est débité du solde client compte bancaire à la fin du mois. Généralement les transactions effectuées jusqu’au 20 du mois courant N sont débitées à la fin de ce même mois N. Les transactions effectuées après le 20 du mois courant N seront elles débitées à la fin du mois N+1. Ces cartes portent la mention « CREDIT »

Les cartes de crédit :

Les cartes de crédit distribuées par les grandes enseignes ou des organismes tels que Sofinco ou Cetelem par exemple, et généralement assorti d’une réserve d’argent adossées à un crédit renouvelable (aussi appelé « réserve d’argent »). Ces cartes portent la mention « CARTE DE CREDIT »

Les cartes prépayées :

Elles sont généralement délivrées par des établissements de monnaie électronique, comme Revolut ou Lydia. Comme les cartes à autorisation systématique avec séquestre, l’acceptation d’une transaction est soumise au contrôle du solde utilisateur.

Les cartes commerciales ou affaires :

Réservées à un usage professionnel ou des dépenses professionnelles, elles servent à régler les frais liés à une activité professionnelle et ne doivent pas servir que ponctuellement pour un usage privé.

Ce rappel étant fait, intéressons nous maintenant à ces fameux paiements en plusieurs fois :

Que ce soit DEBIT ou CREDIT, techniquement, le fonctionnement pour un vendeur est le même dès le moment où la carte est adossée au réseau CB, VISA, Mastercard ou AMEX par exemple.

La différence entre du DEBIT et du CREDIT tient uniquement sur la manière de débiter la somme finale sur le compte du client. A aucun moment il n’est possible pour un commerçant (que ce soit en ligne ou en boutique) de savoir si la carte est à contrôle de solde avec séquestre ou non quand elle fait apparaître DEBIT.

Dans les 2 cas, les autorisations sont valides durant 30 jours et peuvent êtres prorogées de 15 jours, portant la durée de vie à 45 jours poussées et sont à 45 jours aisément.

Le paiement en plusieurs fois n’est jamais assuré par le commerçant, il a recours à un prêteur (à défaut d’avoir un agrément) et donc c’est le prêteur qui va scorer le dossier selon différents éléments et qui acceptera ou non de vous faire ce crédit.

Le prêteur analyse différents paramètres, cela va jusqu’au contrôle des fichiers détenus par la Banque de France en passant par le contrôle de l’émetteur de la carte.

Ce dernier point se fait en 2 phases :

Première phase, le prêteur va demander à obtenir une autorisation de la totalité du crédit :

  • Si c’est refusé, la demande de crédit est refusée également.
  • Si c’est accepté, la seconde phase de contrôle est alors entamée.

Deuxième temps, le prêteur contrôle le type de carte et l’émetteur :

Lorsqu’il détecte que malgré l’obtention de l’autorisation il est en cours d’étude avec une carte classée à risque, il arrive que le prêteur refuse en raison de l’image du service. C’est du scoring.

Mais ce n’est nullement en raison de la mention « DEBIT » de la carte. Le prêteur n’aura pas davantage de garantie en CREDIT qu’en DEBIT puisque tous les mois il devra rejouer l’autorisation et si vous opposez la carte entre les échéances alors la mensualité sera impayée et un fichage Banque de France sera initié après 1 mois. En général, l’organisme de prêt, vous demandera une carte avec une validité d’au moins 6 mois afin de pouvoir si besoin décaler ou retenter une mensualité en cas de report ou d’impayé.

Passons aux choses concrètes et à l’achat d’un téléviseur à 999€

  • Le jour de la demande de PnF (Paiement en plusieurs (n) Fois), le prêteur va demander une autorisation de 999€ pour votre téléviseur.
  • Le prêteur va vous débiter immédiatement 333€, c’est votre première échéance, donc le prêteur se sert de l’autorisation de 999€ qu’il redresse pour vous prélever 333€. Dans le même temps, il verse 999€ au vendeur.
  • Le mois suivant à la même date, le prêteur fait une autorisation sur votre carte de 333€ de nouveau et la met en compensation le jour même.
  • Le 3ème mois, pareil, 333€ en nouvelle autorisation et il débite (compensation) dans la même journée.

Imaginons qu’après le mois #2 (donc 2eme autorisation) vous perdiez votre carte. Le mois M3, quand le prêteur va demander l’autorisation de 333€, ce sera refusé car la carte est opposée. Vous serez donc avisé d’un impayé avec des frais (ex 14€) et vous devrez régulariser en donnant une nouvelle carte.

Si cela n’est pas fait, le prêteur, 30 jours après la caractérisation de l’incident, va vous inscrire au sein du FICP pour incident de crédit conso (Fichier d’Incidents des Crédits aux Particuliers) jusqu’au paiement du solde restant dû et frais. Toutes vos banques seront alors en mesure d’avoir connaissance de l’incident à J+1.

Moralité : que vous soyez en DEBIT ou CREDIT, cela ne change rien, car dans les 2 cas, l’autorisation sera refusée, donc pas d’avantage de garanties pour le créancier.

Petit aparté concernant les cartes à autorisation systématique (Visa Electron, Visa/Mastercard Online, Maestro etc…), premièrement, elles sont souvent refusées pour ce genre d’opérations, il suffit de lire les CGV des vendeurs parce que les porteurs de ces cartes sont classés à risque par les organismes prêteurs.

Mais surtout, il ne faut pas oublier qu’une demande d’autorisation entraîne forcement une séquestre des fonds sur ce type de carte. Si vous utilisez une telle carte, vous pouvez donc vous retrouver avec 999€ bloqués pendant 45 jours, bien que les déblocages sont souvent anticipés entre 7 et 10 ouvrés, 8 jours et sans téléviseur au final.

Nous vous vous rappelons (comme l’oblige la réforme de la loi Lagarde), un crédit vous engage et doit être remboursé.