bunq, les mises à jour se suivent, les mauvais choix aussi !

Carte bancaire bunq

D’une FinTech prometteuse au non-sens : Voilà où en est arrivé bunq au fil des années. bunq avait commencé très haut, en apportant des fonctionnalités inédites dans le monde de la FinTech. Aujourd’hui, elle suscite quelques moqueries  dans le secteur.

Les « update » se ressemblent et déçoivent

Lors des dernières mises à jour, les critiques ont à chaque fois fusé sur les suppositions d’améliorations. Aujourd’hui, les spécialistes du secteur s’amusent à supposer quel réseau social bunq va encore intégrer, quelle augmentation financière va s’imposer, et quelle fonctionnalité va disparaitre au nom de la désormais sacro-sainte excuse « les clients ne comprennent pas ».
Depuis 2018, il y a une constante chez bunq : A chaque actualisation, c’est la déception. Face aux agissements de la FinTech, nombreux sont les clients qui ont quitté le navire. Mais les critiques proviennent également d’anciens salariés sur l’ambiance qui règne chez bunq, au travers de témoignages sur les sites visant à noter les employeurs.

Une levée de fond à la rescousse de bunq

Jusqu’à présent, bunq était exclusivement en financement par Ali Niknam son fondateur. C’est lui qui mettait de l’argent sur la table chaque année pour compenser une partie des pertes. Dans des interviews, il refusait toute entrée d’un tiers dans le capital de bunq, une position qu’il nous semblait intenable. L’avenir a confirmé notre supposition, Ali Niknam a bien été obligé de revoir ses idéologies. En juillet dernier, bunq a annoncé une levée de 228 millions de dollars (environ 192.5 millions d’euros).
Cette levée est constituée de 25 millions d’euros apportés par Ali Niknam, et le reste par Pollen Street Capital. Une opération qui soulève cependant des questions, car bunq en a profité pour racheter une société de crédit nommée Capitalflow Group, qui appartient à Pollen Street Capital. Une opération surprenante…
À ce jour, Ali Niknam a mis dans un bunq environ 123.7 millions d’euros pour sortir la FinTech du négatif. Comme les autres FinTechs, bunq n’est toujours pas rentable, et il est difficile de prédire une rentabilité. Alors oui, les spécialistes de la communication dans ces établissements annoncent une rentabilité, mais ils ne prennent pas la globalité de l’exercice de la FinTech, mais juste une partie, comme si un bilan était dissociable… Les levées de fonds sont quelque chose de banal dans l’univers des FinTechs. Elles sont toutes en négatif, il faut donc faire tour de table régulièrement pour renflouer les caisses.

Le petit détail oublié dans l’update 18

C’est une mauvaise habitude que bunq prend, à chaque « update », la FinTech change ses tarifs. Cet « Update 18 » n’échappe pas à la règle, et bunq s’est à nouveau gardé d’en parler alors qu’ils abusaient des superlatifs.

Des frais sur les transactions en devise

La surprise que bunq réserve à ses clients ? Des frais pour chaque transaction effectuée en devise dès le 1er novembre prochain !
Les clients qui payent actuellement 17.99€/mois (bunq Easy Green), 8.99€/mois (bunq Easy Money), se verront majorés de 0.5% + frais Mastercard à chaque opération faites dans une devise autre que l’Euro. L’addition se corse, en atteignant les 2% de frais pour les clients qui payent mensuellement 2.99€ (Bunq Easy Bank).
Que des frais de 0.5% soient appliqués sur une offre gratuite, nous pouvons parfaitement l’entendre. Ce qui est totalement incompréhensible dans une FinTech, c’est de facturer 0.5% à un client s’acquittant déjà tous les mois de 18€ pour une offre dépourvue de toutes assurances et assistances des personnes !

Des promesses, et encore des promesses.

Les promesses de bunq sur la plantation d’arbres en compensation d’une empreinte carbone nous laissait dubitatif. Celle selon laquelle « le client est au centre de tous nos choix » est encore plus surprenante. On se demande bien à quel moment en ayant le client au centre de son développement, de son offre, de sa stratégie on en vient à imputer des frais à ceux qui payent déjà si cher !
La stratégie est claire lorsqu’on prend un peu de recul,  faire rentrer du cash coûte que coûte. Jusqu’à présent, la solution pour compenser les départs, c’était d’augmenter le prix des abonnements. Conscient que cette politique ne peut se jouer plusieurs fois en l’espace de 6 mois, bunq va appliquer cette fois des frais additionnels.
Quelques obstinés vont évidemment défendre bunq et sa politique sur les réseaux sociaux. Ils vont chercher à expliquer ou à soutenir le choix mais pour combien de temps ou en échange de quoi ? La réalité est tout autre : bunq adopte un choix illogique à l’opposé des intérêts du client.

Une solution à cette hausse tarifaire

Lors de la dernière évolution des tarifs chez bunq et l’augmentation d’un euro appliquée aux abonnements, on nous a interrogé sur les alternatives. Il est toujours très compliqué de répondre car les attentes ne sont pas toujours identiques, et les besoins vont différer selon les situations individuelles. Le besoin qui revenait le plus souvent concernait les cartes virtuelles. Une capacité à pouvoir activer / désactiver une carte virtuelle et choisir les pays dans lesquels les transactions étaient autorisées. Ensuite, il fallait que l’alternative soit accessible à tous, sans conditions de revenus et quelque soit sa situation.
En nous basant sur ces 2 impératifs, nous ne trouvons qu’une seule offre qui répond à ces besoins et à d’autres : il s’agit de Max du Crédit Mutuel Arkea.
Nous restons cependant lucides. L’application proposée par Max, soit on l’apprécie soit on la déteste. Sans trop se tromper, c’est probablement l’une des applications financières les plus clivantes. Mais en surpassant ce clivage, on retrouve 2 formules, à savoir l’offre « Premium » à 6.99€/mois ou l’offre « Metal » facturée elle 13.99€/mois.
C’est uniquement dans ces 2 offres que les clients Max disposeront du même niveau d’acceptation de leur carte, tel que le propose bunq, avec le fameux « offline ». La carte sera bien identifiée comme une carte Française (FRA), et en Euro (EUR), ce qui lui évitera des blocages pour « suspicion fraude » par certains commerçants en ligne.
Les virtuelles sont soit éphémères en renseignant le montant exact du paiement, soit valables plusieurs mois en définissant une date d’expiration au choix et un plafond maximum pour la carte, avec la possibilité de l’invalider quand vous le souhaitez.

Revolut, une alternative plutôt risquée

Depuis le 9 juillet dernier, Revolut a fait valider sa licence d’établissement de crédit (Revolut Bank UAB) en France. Toutefois, le régulateur Français n’autorise à Revolut qu’une activité sur les dépôts, ce qui ne permet pas à Revolut d’émettre par exemple des cartes localisées en France, des IBAN localisés en France… Une décision du régulateur français qui nous a surpris au sein de l’équipe, car habituellement il ouvre les mêmes droits via le passeport EU.
Revolut a pris la décision d’appliquer la même configuration à l’ensemble des clients et de ne pas s’adapter au marché sur lequel il propose ses services, contrairement à bunq, N26, Wise, Vivid… Par conséquent, les carte Visa ou Mastercard sont toutes définies en GBP pour la devise et GB pour le pays. Si un commerçant décide par exemple de limiter ses ventes aux seules cartes considérées comme délivrées en France, la vôtre sera refusée.
Autre point chez Revolut, le fameux « offline » fait défaut, et il n’est pas prévu d’intégrer cette capacité d’acceptation des cartes à court ou moyen terme. Il faudra donc se munir d’une carte de secours afin de palier à ces situations, certes exceptionnelles, mais se présentant si on utilise physiquement sa carte bancaire fréquemment.
Comme la majorité des FinTechs, cela fait plusieurs années que Revolut stagne et se disperse dans de nombreuses activités. Les rumeurs sont d’ailleurs légions et on entend parfois que Revolut va proposer des cartes sans les numéros, ou de type crédit, ou avec du « offline ». On parle même de serviettes de plages connectées. Tout cela ne sont que des rumeurs, et rien n’est prévu en ce sens à notre connaissance.

Conclusion

Les augmentations et les changements de politiques chez bunq avaient le don d’irriter les clients. Cette nouvelle hausse de tarif dissimulée passe très mal, d’autant que bunq n’arrête pas de se dire transparente. Les clients critiquent l’absence d’assurances et d’assistances sur une offre facturée presque 19€/mois. Les suggestions sur la communauté sont ignorées. Les idées les plus suggérées ne sont pas mises en œuvre. A cela s’ajoute des difficultés à utiliser les cartes virtuelles avec un message l’indiquant comme bloquée en dépit du fait qu’elle est active.
Si bunq souhaitait renverser la tendance dans laquelle ils se complaisent, ils auraient eu loisir de le faire depuis 2 ans. Leur positionnement laisse penser qu’il n’y a aucune remise en question, et les fonctions supprimées ne reviendront plus jamais. On voit mal quelle motivation permettrait aujourd’hui de se convaincre que payer 19€ ou 9€ chaque mois soit judicieux. Si c’est l’écologie, on se permet de vous orienter vers l’article concernant ces promesses.