Carte bancaire : pourquoi le TPE n’affiche pas le motif de refus ?

Vous avez déjà tous vu, dans des films ou des séries américaines, un employé couper la carte bancaire d’un client voulant payer après un « paiement refusé ». Il est légitime de se demander pourquoi en France cela ne se pratique pas.

« Abandon débit »

Dans l’hexagone, un paiement qui ne peut aboutir se matérialise par l’information « abandon débit » accompagnée d’un point d’exclamation sur les tickets émanant du TPE.

Ce motif veut tout dire et rien dire en même temps. Il peut être le résultat d’un incident technique sur le TPE ou d’un refus de votre émetteur car vous n’avez pas la provision, voir même d’un blocage de carte.

Il existe cependant quelques motifs sur les TPE en France. Par exemple, lorsque la carte est déclarée perdue ou volée. Les TPE sont en mesure d’afficher cette information pour alerter le commerçant que cette carte est « irrégulière ».

Lorsque votre émetteur et la banque du commerçant sont la même entité, il arrive que l’instruction demandant de capturer la carte s’affiche sur le TPE. Le commerçant a alors une procédure pour retourner la carte à l’émetteur. Dans les faits, le commerçant ne le fait pas car c’est trop gênant. Mais si la carte était insérée, alors un script EMV a été poussé par le TPE sur votre puce afin de définitivement désactiver votre carte.

Dans un distributeur de billets c’est plus simple. Le distributeur capture votre carte et n’a pas d’état d’âme à le faire, c’est une machine, et il n’y a pas de risque pour un être humain. Il se limitera à vous indiquer qu’il garde votre carte. Taper dessus ne le fera pas revoir sa position, d’autant qu’à cet instant, la carte a déjà été éjectée dans un bac dédié aux cartes retirées de la circulation.

« Provision insuffisante »

On parlait des distributeurs, qui eux peuvent afficher des motifs, comme « provision insuffisante » quand vous désirez retirer une somme plus importante que le solde disponible.

En réalité, les motifs de refus circulent bien sur les réseaux. Votre banque répond donc avec un code permettant de connaître précisément dans certains cas la cause du refus. Dans d’autres c’est plus « couscous boulettes » pour citer Xavier Niel, c’est-à-dire que l’émetteur se fend d’un message qu’on peut traduire en « ne pas honorer ». On ne sait donc pas ce qui coince, est-ce une carte non activée, une carte opposée, une absence de provision, un risque de sécurité, un plafond dépassé, une restriction mise par le client, un incident technique…

Dans certains pays le « ne pas honorer » est même la règle afin d’être certain que le motif de refus ne remonte jamais afin de ne pas embarrasser le client face au commerçant.

Les motifs ne sont donc pas restitués, sauf exception, sur les TPE afin de prévenir des embarras. Le fait d’avoir un paiement refusé est déjà suffisamment horrible pour ne pas en rajouter une couche.

Les paiements à distance

En opposition totale avec le fonctionnement des TPE dans les commerces physiques, les TPE Virtuels (c’est-à-dire quand vous payez par internet), restituent plus facilement le motif de refus.

Il faut dire que les acquéreurs, donc les sociétés qui proposent les TPE Virtuels aux commerçants, implémentent des codes de refus pour les autorisations refusées. Certains commerçants qui n’ont pas un « 00 », c’est-à-dire paiement accepté, répondent avec une traduction du code technique, ce qui permet au client de savoir pourquoi son paiement n’a pu aboutir.

Conclusion

Le message explicite n’est pas affiché pour limiter la gêne qu’il pourrait occasionner. Une tendance qui se généralise dans de nombreux pays lors des paiements en boutique.