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Carte de crédit : description et fonctionnement réels

Apple vient de présenter sa future carte de crédit, sobrement dénommé Applecard, réservée pour l’instant au marché américain. L’occasion idéale pour faire un point sur ces fameuses cartes de crédit.

Les abus de langage en France pour parler des outils de paiements ne sont pas rares. Beaucoup disent qu’ils payent par Carte Bleue ou Carte Bancaire voir même par Carte de Crédit. Carte Bleue n’existe plus, le nom du réseau de paiement Français c’est « Carte Bancaire« , mais vous ne l’utilisez que si votre carte porte le logo CB, autrement vous payez avec Mastercard ou VISA et non par Carte Bancaire. A ce jour, aucune néo-banque française ne s’est affiliée au réseau national.

En France, les usagers ne sont pas habitués au fonctionnement d’une carte de crédit. Pour beaucoup, ces cartes sont des produits associés à un crédit renouvelable ou un débit différé. Si vous utilisez une carte American Express, vous utilisez alors une véritable carte de crédit.

La carte de crédit : Débit différé

La carte en débit différé est la carte de crédit la plus connue des utilisateurs. Elle vous permet de reporter le paiement des dépenses jusqu’à la fin du mois (ou mois d’après) sans frais. Vous êtes donc obligé de régler en une fois l’ensemble des transactions. Concernant les retraits, ils ne passent jamais sur le différé, ils seront débités de votre compte quand le retrait sera confirmé.

La limite de paiement sera celle du plafond autorisé sur la carte. Les retraits eux seront limités au plafond retrait ou solde du compte + découvert autorisé. Vous ne pouvez donc pas retirer plus que la situation de votre compte le permet.

Ces cartes, s’appellent en réalité Deferred Debit Card, mais elles ont le droit de se nommer Credit depuis la réforme des taux interchange en Europe afin de bénéficier d’un interchange à 0,30%. Vous aurez donc compris que c’est plutôt une carte de débit améliorée.

La carte de crédit : Crédit renouvelable

Les cartes adossées à un crédit renouvelable porte la mention CARTE DE CRÉDIT. On retrouve ces cartes chez Sofinco, Cetelem, Banque Casino, Carrefour Banque, Oney, Cofidis,… Elles sont soit offertes, soit proposées à des tarifs nettement inférieurs à ceux pratiqués par les banques.

La première étape, c’est d’obtenir l’octroi d’un crédit renouvelable. Ce crédit renouvelable déterminera le plafond de votre carte pour vos paiements et vos retraits.

Lorsque vous payez avec ces cartes chez un commerçant, le terminal vous invitera à choisir le paiement comptant ou à crédit (vous pourrez revenir sur ce choix à tout moment via l’Espace Client ou le Service Client). En l’absence de choix possible, le paiement sera toujours en comptant, c’est la réglementation.

En fin de période (certaines sociétés vous permettent de choisir la date, c’est le cas chez Sofinco) vous avez plusieurs possibilités pour régler :

  • Comptant : vous réglez en 1 fois sans intérêt ni frais, telle une carte à débit différé.
  • En plusieurs fois ou avec utilisation spéciale du crédit : vous réglez les dépenses en 3, 4, 10,… fois avec un taux avoisinant les 21%.
  • A crédit : vous réglez en 12, 36, 60 mois vos dépenses, selon les modalités prévues au contrat.
  • Comptant et à crédit : vous réglez une partie de vos dépenses comptant et le reste en échelonné.

Les retraits d’espèces ne sont généralement pas intégrés à vos dépenses. Ils seront débités de votre compte bancaire (par prélèvement) 2 à 3 jours après la confirmation du retrait. Cetelem, Sofinco, Banque Casino acceptent que les retraits soient débités telles des opérations de paiements. Vous pourrez donc rembourser vos retraits en même temps que vos dépenses.

Le plafond de vos dépenses, et retraits quand cela est autorisé, ne doit jamais dépasser le montant du crédit renouvelable octroyé. Pour autant, ces cartes sont pleinement compatibles avec les règlements hors ligne, vous pouvez donc techniquement dépasser cette limite. Dans ce cas, l’organisme vous proposera soit de revoir votre situation et augmenter le crédit renouvelable ou alors vous invitera à régler le dépassement rapidement.

Un crédit renouvelable utilisé en règlement comptant est donc un outil sans aucun frais. Il vous permettra de gérer des dépenses imprévues que vous rembourserez en 4 fois par exemple.

Une carte Visa Premier est offerte chez Sofinco, elle est facturée 36€/an chez Cetelem. Carrefour Banque propose la Mastercard Gold pour 55€/an, Banque Casino la proposera à 4,50€/mois.

Les opérations en devises bénéficient souvent d’un taux intéressant, 1,69% chez Carrefour Banque, 1,88% chez Cetelem ou encore 2% chez Banque Casino sans coût fixe ou minimum. Concernant les retraits en devises, Carrefour Banque propose du 1,50% sans fixe, là où Cetelem fera du 1,88% mais avec 2,29€ de coût minimum.

Chaque organisme a ses avantages.

  • Sofinco propose un panel de garanties et de services permettant d’avoir les extensions de garanties sur presque tous les biens que vous pouvez acheter.
  • Banque Casino proposera un cashback de 1% sur vos dépenses à dépenser chez Cdiscount.
  • Carrefour Banque dispose également d’extensions de garanties mais plus limitées que Sofinco.

Vous aurez donc compris que les cartes de crédits adossées à ces organismes peuvent totalement remplacer une carte détenue dans une banque classique et disposer d’un meilleur niveau de services. Elles auront également un taux d’acceptation plus étendu que n’importe quelle carte marquée DEBIT.

La carte de crédit : Crédit

La pure carte de crédit est quelque chose de souvent inconnue en France. Les porteurs qui n’ont jamais été détendeurs de cartes hors France (USA, Canada, Royaume Uni,…) ne connaissent donc pas le fonctionnement.

Une telle carte est associée à une ligne de crédit, c’est cette ligne qui fixe vos capacités de dépenses. Cette ligne est incrémentée et décrémentée selon vos dépenses et vos remboursements.

Nous avons vu qu’avec une carte en débit différé, vous deviez solder vos dépenses en 1 fois. Concernant une carte de crédit associée à un crédit renouvelable, vous deviez choisir de régler comptant ou en fractionné.

Avec une vraie carte de crédit, vous recevez votre état de compte mensuel, avec le montant minimum à rembourser. Vous êtes libre soit :

  • De payer votre état de compte en totalité.
  • De ne régler que le minimum
  • De faire un versement libre qui sera supérieur ou égal au minimum à payer.

Il n’y a pas d’échéancier ou de paiement fractionné. Vous choisissez donc combien vous désirez régler et vous pouvez à tout moment faire des abondements pour réduire le montant utilisé sur votre ligne de crédit.

Prenons un exemple, vous disposez d’une ligne de crédit à 5000€, vous dépensez 2000€ au moment où votre état de compte est généré.

  • Vous réglez la totalité de votre état de compte, vous n’aurez donc payer aucun intérêt.
  • Vous ne réglez que le minimum obligatoire (on serait sur du 50€ pour 2000€ dépensés), vous allez donc avoir 1950€ qui passeront sur un taux d’intérêt de 21% approximativement.
  • Vous réglez 500€, vous aurez 1500€ qui passeront sur le taux d’intérêt.

Le fonctionnement est très proche d’une carte adossée à un crédit renouvelable. La seule différence ici c’est le versement libre possible pour rembourser vos dépenses. Le plafond de votre carte est équivalent à votre ligne de crédit disponible. Cela veut donc dire, qu’il se reconstitue en fonctionnement de vos remboursements. Il n’y a pas de remise à zéro tous les mois ou toutes les semaines. Votre capacité de dépense résulte donc du delta entre votre ligne de crédit et les dépenses à rembourser.

Avantages et inconvénients :

Beaucoup de loueurs, hôteliers,… demandent une carte de crédit, c’est tout simplement que les pré-autorisation ne sont pas décomptées et ne donnent pas lieu à une facturation d’intérêts. Le professionnel réalisant l’empreinte (la pré-autorisation) a donc la garantie que vous ne porterez pas de réclamation car des frais auraient été perçus par votre organisme.

Si vous discutez avec des personnes ayant ce type de carte, elles vous recommanderont toutes de ne pas faire de retrait avec et ne pas l’utiliser sur des systèmes de rechargement de comptes comme Revolut, Fortuneo,… ou des agrégateurs comme Curve, Max,… ni sur des services de P2P comme Lydia, LyfPay,…

L’explication est très simple. Toutes les opérations de cash (retrait d’espèces), ou de quasi-cash (TopUp, Agrégation, P2P,…) donnent lieu à la perception d’intérêts au jour de réalisation de l’opération.

Imaginons que votre état de compte est arrêté le 20 de chaque mois. Le 5 vous effectuez un retrait, qui est confirmé le 7. Vous aurez donc des intérêts à verser du 5 au 20 à l’organisme ayant délivré la carte, le taux est aux alentours de 21%.

Les possesseurs de ces cartes font donc les retraits avec leur carte de DEBIT afin d’éviter le paiement de ces intérêts. D’un autre côté, Curve par exemple applique un usage raisonnable des retraits sur ces cartes, le but étant d’éviter le recyclage de cash ou l’avance de cash sans paiement des intérêts.

Récemment, c’est l’émetteur de carte de crédit anglais Tesco qui traitait toutes les transactions via Curve comme de l’avance d’espèces, et appliquait donc des frais de 4% sur les transactions.

Les émetteurs français qui proposent des cartes s’en rapprochant ont soit opté pour un prélèvement des retraits, soit les ont intégré dans les paiements, donc aucun frais sur ces types de transactions.

Si vous vous demandez la position d’American Express dans ces 3 catégories, ils appartiennent à cette 3ème et dernière catégorie malgré qu’il faille solder la totalité des dépenses en 1 fois (sauf cas particulier avec la carte Air France ou le dossier de crédit renouvelable).

C’est d’ailleurs le point négatif souvent soulevé par les américains et les canadiens, il faut payer sont état de compte American Express en 1 fois. Il n’est pas possible de régler à son rythme telles les autres cartes de crédit proposées chez eux.

La carte de crédit : conclusion

La carte de crédit, sous toutes ses variantes, est souvent un outil montré du doigt ou critiqué. Dans les faits, cet outil n’est pas mauvais ou négatif, bien au contraire car il simplifie le quotidien, et bien géré, il ne coûte rien tout en permettant de réduire les frais.

Avant de postuler à un tel outil, vous devez impérativement être à l’aise avec la tenue d’un budget et la gestion de vos dépenses. Le cas échéant, vous risqueriez de dépenser plus que vous ne seriez en mesure de rembourser en une fois et donc verser des intérêts qui sont proches du taux d’usure.

Si vous êtes régulièrement à découvert ou que vous ne savez pas vous projeter dans l’avenir de vos comptes, nous vous déconseillons cet outil, il n’est pas adapté à votre situation et risquerait de vous générer des frais.

Pour la demande d’une telle carte, votre situation personnelle et financière sera évaluée par un système de score, après quoi un avis favorable ou défavorable sera rendu.

En cas d’avis favorable, vous devrez fournir les pièces confirmant la situation préalablement déclarée.

Si une décision défavorable est rendue, vous n’en aurez pas la raison, mais vous pourrez tenter votre chance après 6 mois.

Parfois aucune décision n’est rendue immédiatement, cela indique généralement une décision défavorable, liée à un passif / historique avec l’organisme attributaire.

Gardez en tête qu’un avis défavorable n’est pas une sanction contre vous. Les organismes sont tenus de s’assurer que le produit ne dégradera pas votre situation actuelle. Ils sont donc obligés de rejeter des dossiers, alors qu’ils seraient plutôt tentés de vous l’accorder en se disant que vous serez utilisateur du crédit et donc 21% d’intérêts.

Différents fichiers sont analysés, notamment ceux détenus par la Banque de France, donc si vous avez connaissance d’une situation défavorable vous concernant, il n’est pas nécessaire de postuler.