Curve : Go back in time

Curve et le Go Back in Time

Un petit rappel s’impose pour ceux qui ne connaissent pas. Curve est la première carte agrégatrice du marché, copiée depuis par Sharepay ou plus récemment Max. Sharepay en reprenant l’idée de l’agrégation a fait une adaptation pour un fonctionnement de compte joint. Max, pour sa part, a uniquement repris la fonction d’agrégation sans modifier l’idée originale de Curve.

Toutefois, aucun des deux acteurs Français n’a repris la fonctionnalité phare de Curve : Le Go Back in Time. Lydia s’est fortement inspiré de l’idée pour en faire quelque chose de différent dans la présentation, mais proche dans le fonctionnement.

Les personnes qui utilisent Curve et s’intéressent au secteur sont unanimes. Curve est loin devant ses concurrents en termes d’application, fonctionnalités ou encore disponibilité du service. Curve est donc une source d’inspiration pour plusieurs acteurs du secteur Fintech.

Explication commerciale du Go Back in Time

Le Go Back in Time, ou le retour dans le temps, vous permet de changer la carte sur laquelle un paiement a été initialement effectué.

Vous avez réalisé un paiement avec Curve qui a été reporté sur votre carte Société Générale par exemple. Finalement, vous auriez préféré que la dépense soit réalisée sur votre carte Hello bank !. Plutôt que de faire un virement pour vous rembourser sur le compte Société Générale, Curve vous propose de revenir en arrière et passer l’opération sur Hello bank !

Dans les faits c’est très simple. Vous sélectionnez votre transaction dans l’application Curve, puis vous sélectionnez la nouvelle carte. Après 2 ou 3 secondes, c’est terminé, Curve a transféré la dépense de Société Générale sur Hello bank !

C’est aussi simple que cela et c’est possible si la transaction a moins de 14 jours et si son montant inférieur est à 1000£. Il n’y a pas de frais, ni de coût pour cette opération, c’est transparent pour vous.

Explication technique du Go Back in Time

La magie n’existe pas du moins dans la monétique. Vous ne remontez pas réellement dans le temps. Lorsque vous sélectionnez la nouvelle carte à débiter, Curve va en réalité effectuer une demande de paiement sur cette nouvelle carte, dans notre exemple, Hello bank !. Si l’autorisation de paiement est accordée par Hello bank !, alors Curve annule l’opération sur la carte Société Générale.

Vous avez donc un débit qui est fait sur Hello bank ! et un remboursement sur votre carte Société Générale. Après 1 ou 2 jours ouvrés, vous allez donc voir un crédit carte sur votre opération Société Générale et un débit carte sur vos opérations Hello bank !

C’est aussi simple que ça dans l’explication du fonctionnement mais un peu plus lourd à gérer côté technique.
L’idée est donc très simple mais il fallait non seulement y penser mais aussi gérer ce comportement de rembourser la carte initiale après avoir débité la nouvelle.

Les limitations du Go Back in Time

Vous ne pouvez faire qu’une fois pour une même transaction un Go Back in Time. La transaction devra également être inférieure à 14 jours et 1000£.

Les 14 jours et les 1000£ sont une limitation en rapport avec les frais de transaction que va supporter Curve pour le Go Back in Time. Ils fixent un seuil pour pouvoir réaliser l’opération.

Concernant la limitation d’un Go Back in Time par transaction, cela nous semble logique. Cela évite de jouer à saute mouton pour reporter la transaction de carte en carte sans régler réellement l’opération sur un compte. En limitant à 1 Go Back in Time, Curve évite donc surtout que vous déplaciez le remboursement entre vos cartes de crédit.

L’adaptation du Go Back in Time par Lydia

On vous parlait en introduction de Lydia, en précisant qu’ils s’étaient approchés du fonctionnement de Curve.

Lydia s’est approprié l’agrégation et le Go Back in Time de manière plutôt intéressante. C’est toujours instructif de voir les acteurs s’approprier une idée et l’adapter.

Concrètement, Lydia a réuni l’agrégation et le Go Back in Time en un seul et même service. On retrouve là l’ADN de Lydia qui cherche à simplifier et rendre simple le service. Leur communication est souvent discutable car ils aiment le sensationnel et le théâtral mais ils excellent dans l’intégration, l’ergonomie et la simplicité. Dommage que leur grille tarifaire ne soit pas aussi simple et épurée que leur application. On ne se trompe pas trop en disant qu’ils sont avec bunq juste les meilleurs vu du nombre de services et fonctionnalités embarquées dans leurs applications.

Comment fonctionne Lydia ?

Chez Lydia, tous les paiements avec une carte physique,virtuelle ou XPay sont imputés au débit d’un compte ouvert chez Lydia et devant être alimenté. Une fois l’opération effectuée, vous pouvez transférer cette dernière du compte Lydia vers la carte de votre choix. Cela fait donc agrégation et Go Back in Time en une fois.

Le fonctionnement 2 en 1 de Lydia pour le Go Back in Time et l’agrégation est intéressant. Il vous suffit d’avoir un fond de roulement sur le compte Lydia, par exemple 1000€. Vous transférez ensuite chaque opération sur la carte de votre banque traditionnelle. Lydia crédite votre compte Lydia et débite la carte choisie. Cela vous permet de ne pas avoir à anticiper le changement de carte. Vous payez et vous gérez par la suite à tête reposée.

Chez Lydia il y a également des limitations, vous pouvez faire 10 Go Back in Time maximum par jour, dans la limite de 100 Go Back in Time par mois. Et comme Curve, vous ne pourrez le faire qu’une fois par application. Si vous n’êtes pas Premium, vous serez limité à 3 Go Back in Time par mois. On rappelle que chez Lydia l’offre Premium c’est 2,99€/mois ou 29,90€/an.

Cependant Lydia doit encore faire un effort. Certains frais sont discutables comme, par exemple, les 20cts par transaction refusée, au-delà d’un quota de 5 transactions refusées dans le mois. Donc si vous bloquez votre carte Lydia pour les paiements à distance, et si le commerçant tente tous les jours de vous débiter un abonnement que vous ne désirez pas proroger, il faudra soit opposer la carte, soit payer à défaut d’avoir utiliser une virtuelle.

Pour le reste, Lydia est également sans frais sur les opérations en devises. Seuls les retraits sont soumis à un usage équitable de 500€/mois. Ils sont facturés 2 % au-delà, avec 1€ de minimum. Ce qui est du coup supérieur à des banques comme Fortuneo, Boursorama, BforBank…