De Number26 à N26

En 2015, les FinTechs se comptaient sur les doigts d’une main. Si vous ajoutiez les établissements proposant des cartes prépayées, vos deux mains suffisaient à tous les compter.

Depuis cette période, de nouveaux acteurs ne cessent de fleurir. Tous les mois, au moins un acteur voit le jour en lançant une offre qui ressemble que trop souvent aux autres.

Le lancement de Number26 en 2015

Quelques semaines après Revolut, une FinTech, dénommée Number26, ouvrait ses services aux résidents français en 2015. L’idée était très simple, ressortir des cartons une carte bancaire à autorisation systématique avec contrôle de solde et séquestre.

L’offre initiale est simple et s’appuie sur une carte prépayée Mastercard émise par Wirecard avec un compte chez Wirecard. Number26 est, tout simplement, un revendeur des solutions proposées chez Wirecard. La carte a une spécificité, elle est transparente, et non translucide comme l’actuelle.

Le lancement reste très mitigé sur le marché Français, ce qui amène Number26 sur une autre stratégie marketing. Susciter l’envie en indiquant que le produit est rare en créant une liste d’attente. La startup en profite au passage pour changer de licence et ainsi migrer les comptes depuis Wirecard vers sa nouvelle licence bancaire.

De Number 26 à N26

Annoncé en juillet 2016 aux clients de l’établissement, Number26 met pour la première fois en place une politique « équitable ». L’objectif, facturer les retraits au-delà d’un certain seuil si vous avez plus de 26 ans ou que vous n’avez pas fait de N26 votre établissement bancaire principal. Ce mois de juillet, c’est aussi l’occasion d’un lifting: Number26 devient N26.

En novembre 2016, N26 finalise la migration des clients qui utilisaient la licence Wirecard vers sa licence bancaire. L’occasion de proposer l’offre « N26 Black », facturée 4.90€/mois, associé à une carte de débit Mastercard World Elite et de multiples services.

Depuis cette période, N26 a continué d’adapter son offre en ajoutant par exemple « N26 Metal » avec une première version qui fût un fiasco: Une carte en plastique avec un noyau métal en son cœur. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour voir la colère des clients sur les réseaux sociaux.

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De N26 Black à N26 You

Initialement proposée à 4.90€, l’offre « N26 Black » voit rapidement son tarif passer à 5.90€/mois. Avec le temps, le site de N26 évolue et l’offre s’affiche à 9.90€/mois.

Alerté sur les réseaux sociaux, la communication de N26 justifie cela par «un essai de conversion ». En français, on peut traduire cela par « Nous regardons combien de personnes sont prêtes à payer plus cher pour un même service ». Aussi efficace que les joueurs du Stade Toulousain, N26 transforme cet essai. Ce prix devient définitif, est toujours en vigueur et l’offre s’appelle aujourd’hui « N26 You ».

L’offre ne s’est pas enrichie. A l’inverse, elle s’est vidée de sa substantifique moelle. La carte Mastercard World Elite s’est transformée en Word Debit, une régression certaine sur l’éligibilité aux programmes Mastercard.

N26 indique, de manière très discrète, aux clients en possession de la version « N26 Black » que s’ils remplacent leur carte, ils migrent sur la nouvelle carte. Ils perdent donc ainsi les avantages et bonus ouverts par Mastercard aux détenteurs d’une World Elite.

En augmentant de 4.90 à 9.90€/mois, il n’y a pas eu d’enrichissement des assurances. Les couvertures essentielles comme la responsabilité civile à l’étranger ne sont pas ajoutées au contrat.

Place aux gadgets

Quelques fonctionnalités gadget se sont ajoutés, comme les coffres non rémunérés, ou l’arrondi. Ce qui reste très mince pour une telle augmentation de prix et les gains sur l’adhésion au programme World Elite supprimés. L’assurance contre le vol d’un mobile a également disparu de l’offre.

Le support téléphonique ?

On pourrait arguer que l’offre inclut un support téléphonique. Toutefois, il était présent dès le début chez N26 pour être ensuite retiré pour finalement remis.

Entre la prise en charge de 2015 et celle de 2020, les historiques de N26 notent une différence d’implication des conseillers. Une position qui ne semble plus être le cas aujourd’hui.

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N26 Metal

Cette offre est considérée comme la plus complète par N26. Elle intègre certaines prestations comme la couverture des véhicules de location, mais ne prend toujours pas en charge les dommages que vous pouvez occasionner à l’étranger.

Pour 16.90€/mois, soit 7€ de plus que l’offre You, les différences sont très minimes. La principale c’est la présence d’une carte en métal qui elle, est affiliée au niveau World Elite.

En prenant en considération l’ensemble des critères, l’offre se situe plus dans les 9.90€/mois. Elle manque cruellement d’assurances et des seuils de prise en charge plus élevés ou plus rapides. Des services comme la conciergerie font également défaut pour prétendre à un tarif aussi élevé.

Des abonnements trop chers

Le gros défaut des abonnements « Metal » c’est qu’ils coutent très chers. L’argument est toujours le même, « Nous devons rentabiliser le coût de fabrication de la carte métal »

Cela peut se comprendre, mais dans ce cas, les années suivantes devraient être dégrevées. C’est d’ailleurs une politique qu’on trouve à présent chez bunq ou chez Revolut. Une fois la période d’un an échue, vous pouvez revenir à l’offre inférieure tout en gardant la carte en métal que vous avez payée. Une politique qui colle donc à l’explication vous indiquant que vous payez la carte la première année.

Chez N26, si vous changez d’offre, votre carte en métal est résiliée, vous aurez donc perdu votre investissement. Cette politique de mettre hors service un support vendu et payé par le client est un non-sens. Mais N26 n’est pas l’exception, ce même comportement se retrouve chez Curve ou Max.

N26 Smart

Pour le tarif d’origine de l’offre « N26 You », vous avez à présent « N26 Smart ». Une offre qui, comparée à l’offre gratuite, permet de choisir parmi les designs proposés dans l’offre « N26 You », d’avoir la fonctionnalité d’arrondi, un support téléphonique et le partage d’espaces.

Vous n’aurez donc aucune assurance ni assistance, vous serez toujours facturé pour les retraits en devises. Tout cela nous semble bien léger pour 4.90€/mois. Ajouter des assurances dans une offre facturée à ce tarif serait un minimum.

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Oui, N26 est bien une banque

A son lancement, N26 est arrivée avec une application intéressante et des propositions alléchantes. L’offre « N26 Black » en novembre 2016 était facturée à un tarif juste et honnête. Jusqu’à cette période, N26 innovait, l’offre gratuite historique et l’offre payante était parfaitement complémentaires.

Mais voilà, cette période est révolue. N26 se repose et n’innove plus. Au point que les banques traditionnelles, qu’aime à décrier N26, sont repassées devant en terme de services et d’offres plus complètes.

Disposant d’une vraie licence d’établissement de crédit et l’utilisant, il faut opposer N26 à des établissements comme Boursorama Banque, Fortuneo, Hello bank! ou ING, qui sont tous des établissements 100% en ligne. Tous ces acteurs proposent de l’épargne rémunérée, des placements, du crédit (même immobilier) et des cartes avec des garanties bien supérieures.

N26 Metal versus Ultim Metal

Face à l’offre « N26 Metal », se trouve Boursorama Banque et sa carte Visa Ultim Metal. L’offre chez Boursorama est proposée à 9.90€/mois. A titre d’exemple, le renouvellement d’une carte en métal, pour tous types de motifs, vous coutera 10€ chez Boursorama Banque contre 45€ chez N26.

Les garanties et assistances embarquées par Boursorama sont bien supérieures à celles incluses dans l’offre « N26 Metal », facturée 16.90€/mois. Chez Boursorama, la cotisation embarque un panel d’assurances sur vos moyens de paiements, vos effets personnel, un découvert autorisé, une possibilité d’avoir la carte en type CREDIT et donc débit différé…

Un train de retard

Pour commencer, rappelons que nos cousins transalpins disposent d’un IBAN débutant par IT depuis de nombreux mois.

Depuis 2017, les clients N26 réclament des fonctionnalités comme le compte joint, l’IBAN domicilié en France, les cartes virtuelles, l’épargne rémunérée. Il est dommage de voir N26 intégrer tardivement des services comme le TopUp, qui plus est, avec des frais élevés équivalent à 3% du montant. N26 n’a proposé que très tardivement la gestion des virements instantanés et uniquement en réception.

Tous ces services sont absents chez N26 alors qu’on peut les trouver, partiellement ou totalement, dans les établissements comme Fortuneo à 0€/mois, ou des FinTechs comme bunq, Revolut ou Lydia…

N26 se repose donc sur la base historique de ses services. Sans innovations majeures, N26 tente tant bien que mal de suivre le rythme effréné imposé par son concurrent Revolut. N26 n’est plus l’ICE, (le TGV allemand), de 2015 qu’elle était. Elle est au mieux une voiture suiveuse et peine à redevenir la voiture restaurant. (instant culture: non, non ça ne s’appelle pas un wagon)

Un dernier avantage qui a ses inconvénients

N26 garde toutefois, comme Revolut et les autres acteurs du secteur, un dernier avantage sur les acteurs traditionnels. Ils n’opèrent aucun contrôle de solvabilité. Si vous êtes en situation de fichage, un compte vous sera ouvert sans devoir invoquer le droit au compte auprès d’un établissement en France.

L’effet pervers de cette ouverture, c’est que l’IBAN de N26 revient fréquemment dans les listes « à risques ». Le taux d’incident vs le ratio de client qui utilisent un tel IBAN est très élevé. Une situation qui est similaire chez Nickel.

Certains commerçants, comme les opérateurs téléphoniques pour ne citer qu’eux, se braquent quand ils doivent accepter des IBAN comme Nickel, N26, Revolut… Cette situation s’explique par le taux d’incidents qu’ils doivent gérer. A un moment, ils associent ces comptes ouverts à tous et sans contrôles de solvabilité à des clients qui présentent un risque d’impayé plus élevé que la moyenne.

Conclusion

Qu’on ne s’y trompe pas !N26 n’est pas une mauvaise FinTech. Il y a des établissements qui sont bien en dessous des services proposés par la banque allemande.

Le marché français ne semble pas prioritaire chez N26, contrairement à Revolut qui l’affirme, certes de manière anecdotique, en lançant une carte bancaire tricolore.

N26 a abandonné le marché UK, un marché où la concurrence est très rude avec des acteurs forts et imposants comme Revolut, Monzo ou Starling. Il y a peu de chance qu’une telle position soit prise en France, mais l’expansion de N26 est aujourd’hui au point mort.

Une consolidation du secteur semble inévitable. Reste à voir si une banque sera intéressée pour racheter un tel acteur. Il y a quelques années, peut être que cela aurait été cas pour la technologie, mais cela n’est plus vrai aujourd’hui. Toutes savent que le nombre de clients annoncé ne reflète pas le nombre de clients y ayant un compte actif. On entend par actif, un compte sur lequel un flux créditeur d’au moins 500€ rentre tous les mois et les fonds dépensés par carte ou prélèvement.