Gérer son budget

Savoir faire un budget est la clé d’une gestion financière saine et pérenne. Cette capacité ne se résume pas à savoir combien rentre d’argent et combien sort, à la louche. Quand on parle de tenir un budget, on parle de pointage et de prévisionnel. On est donc capable de se projeter aisément jusqu’à 1 an, et non jusqu’à la fin du mois en cours.
Un budget permet de savoir au centime près l’argent qui entre, et qui sort obligatoirement tous les mois (factures, impôts, loyer…) mais également les frais annexes (alimentations, transports, abonnements, …). On parle vulgairement de « frais incompressibles ».
S’ajoute à ces charges, le versement sur un ou plusieurs supports d’épargne, notamment précaution et projets sur le long terme. Cette épargne doit être intégrée au budget et calculée. Il est très important d’en avoir conscience et de s’imposer une rigueur à s’en tenir aux versements.
Une fois tous ces éléments calculés, vous avez votre « reste à vivre ». Certains vont sortir une partie de ce « reste à vivre », pour les dépenses plaisir à moyen et court terme. Exemple, vouloir acheter une nouvelle télévision dans plusieurs mois. Ils vont s’imposer une contrainte de plus en épargnant sur plusieurs mois pour ce projet spécifique et « plaisir ».
Lorsque vous souhaitez acheter un produit ou un équipement, souscrire un nouveau contrat… Toutes ces dépenses doivent se calculer sur le reste à vivre, et non le salaire. L’erreur que beaucoup font, c’est qu’ils ramènent tout au salaire, et ne connaissent pas précisément leur reste à vivre. Donc les sorties culturelles et autres doivent rentrer dans cette poche financière restante de votre salaire.

Dépenser moins et vivre mieux

Cela peut sembler stupide de tenir un budget précis, mais un constat réel ressort de cette position. Tous les gens qui tiennent des budgets dépensent moins sur des postes inutiles. Ils vont savoir, par exemple, qu’ils ont 400€ pour le mois, et vont composer avec ces 400€.
En associations, les bénévoles font le même constat. Dès qu’une personne commence à tenir réellement un budget avec pointage, l’épargne se met en place, et les dépenses futiles baissent. Souvent cela s’accompagne même d’une alimentation plus saine, exemple en n’allant plus dans la restauration rapide. Le coût des choses saute aux yeux, par exemple le tarif d’un sandwich vs un repas maison de meilleure qualité.
Mais une fierté de réussir à épargner se met également en œuvre. Les gens sont contents de voir une épargne se constituer au fil des mois. Un effet « fourmis » se met en œuvre, effaçant celui de la « cigale ».

Planifier au lieu d’acheter spontanément

Tenir un budget aide également à casser l’impulsivité d’un achat. Car on apprend à anticiper une dépense au lieu d’acheter et d’opter pour un paiement en plusieurs fois.
Ce n’est pas forcément simple de réfréner un achat compulsif. On veut, par exemple, immédiatement le nouveau téléphone et on fait un 3, 4 ou 10 fois sans frais. Ou alors on prend un abonnement téléphonique beaucoup plus cher pour le financer indirectement dans l’abonnement. Toutes ces méthodes de « crédit » sont contraires au principe de « budget ».
Lorsqu’on tient un budget, d’abord on va planifier la dépense, une fois les fonds constitués, on regarde pour acheter. Souvent l’effort d’épargne ramène à la réalité sur l’envie réelle du produit tant désiré de prime abord.

Faire ses achats à crédit

Le crédit n’est pas le mal. Il est là pour vous accompagner dans une situation spécifique et nécessaire.
Faire un crédit pour acheter le dernier téléphone est bien plus discutable que faire un crédit pour un bien immobilier. Le crédit doit donc être utilisé idéalement pour des dépenses importantes planifiées sur du long terme de 10 à 15 ans.
Faire un crédit immobilier est donc censé. Si le budget a été tenu, en moyenne, vous disposez déjà de 10% au moins en apport pour votre projet. Certaines banques imposent même un apport, un moyen de voir si vous savez planifier vos dépenses et ternir un budget.
Elles sont d’ailleurs très souvent réticences à faire un crédit aux personnes logées à titre gracieux, et qui n’ont pas mis mensuellement de côté l’équivalent des échéances. Cela donne un signal très négatif. Il indique que la personne ne sait pas anticiper et ne sait pas tenir un budget.
Faire un crédit pour un véhicule peut se concevoir. Mais dans l’idée, avoir recours au crédit pour une voiture n’est pas la meilleure approche. Il est mieux d’envisager une voiture que l’on peut payer avec une épargne constituée (et non la précaution). Puis épargner tous les mois jusqu’à pouvoir acquérir au besoin un autre véhicule. Les véhicules neufs sont « tentants », mais c’est une perte financière importante, il suffit de voir les valeurs Argus. Opter pour une occasion est donc plus intéressant sur un plan « investissement ».
L’une des problématiques que les bénévoles associatifs constatent, sont les crédits mis en place via des enseignes spécialisées. Crédit pour l’achat de meubles, équipements électroniques, avec des taux très élevés…
Votre banque est spécialiste du crédit, si vous souhaitez un financement, sollicitez là toujours en premier. Car derrière certains taux alléchants se cache le coût des assurances et autres frais associés au crédit que vous allez contracter. Les banques sont bien plus transparentes sur ces types de dossiers, vous avez un détail clair et précis.

Louer au lieu d’acheter un bien

C’est une nouvelle tendance qui se met en œuvre depuis plusieurs années. Initialement débutée avec les voitures derrières des noms comme LOA (Location avec Option d’Achat), LLD (Location Longue Durée)… Tous ces produits ont un but « réduire » une mensualité pour la faire entrer dans votre budget.
Nous vous mettons au défi de trouver sur un contrat de LOA/LDD le taux auquel vous allez financer pendant 2, 3, 4 ou 5 ans une partie de la valeur de votre véhicule. Vous n’allez pas le trouver sur le contrat, et l’excuse qu’on va vous servir, c’est « on parle de taux de rendement ».
En réalité, le taux se calcule. Quand on fait l’opération mathématique, on s’aperçoit que les taux tutoient les 10% ! Très loin des taux à 4% (TAEG) qu’on retrouve dans les banques classiques.
La location vous fait payer très cher un bien qui ne vous appartient pas à la fin. Mais pour vendre le concept, le but est de vous faire une mensualité « basse », mais avec une valeur résiduelle élevée, tout en vous engageant sur une durée.
Sortir d’une LOA est possible généralement après 1 an, mais la valeur du véhicule est nettement inférieure à celle du dossier, impossible de sortir.
Certains vendeurs n’hésitent pas à jouer avec un « transfert de marge ». C’est-à-dire qu’ils vont prendre une partie de leur marge pour éponger le financement, et transférer le solde restant dans le nouveau dossier de financement. C’est du rachat de crédit « déguisé » qui va encore plus vous enfoncer et vous rendre captif. Le delta entre le financement et la valeur du véhicule va se creuser au point qu’il faudra 5 ans pour atteindre un « équilibre ».
Les organismes qui opèrent derrière les LOA sont parfaitement au fait des comportements des vendeurs. Sans compter l’ajout d’assurances et prestations diverses et variées.
Louer un bien, est vraiment une des solutions les moins viables pour un consommateur. Si vraiment vous avez besoin d’un véhicule, et si les aléas de la vie font que vous n’avez plus d’épargne de précaution, sollicitez votre banque. Selon votre situation, elle pourra dépasser un taux d’endettement pour un bien de première nécessité. N’entrez jamais dans cette spirale de la LOA ou LDD, les prêteurs ne vous proposent pas leurs services « gracieusement ».

Les solutions pour tenir un budget

De nombreux outils existent pour faire vos comptes, et surtout avoir un prévisionnel sur plusieurs mois, voir une année.
Les utilisateurs « Windows », le logiciel « MS Comptes Bancaires » développé par MSoft répond à ces besoins. C’est souvent lui qui est recommandé pour reprendre en main ses finances. Il permet de se projeter sur plusieurs mois et voir son reste à vivre et l’épargne possible. Une fois appréhendé, le logiciel permet d’avoir une gestion saine et une vue complète de ses finances.
Sous Mac il existe l’outil « iCompta », développé par LyricApps qui s’approche des capacités de « MS Comptes Bancaires ».
En ligne, on peut trouver « gérermescomptes » développé par ISWIGO. Malheureusement, il ne permet pas d’aller au-delà d’un mois en prévisionnel. Il offre l’avantage de pouvoir saisir manuellement ses opérations, et gérer des projets.
Profitons en pour rappeler que depuis la DSP2, les API existent afin que vous ne communiquiez plus vos informations d’authentification. Ces données sont personnelles, et ne doivent être connues que de vous-même.
Faire ses finances « à la main » permet aussi d’identifier où les dépenses furent effectuées. Cela permet de se dire « il faut freiner un peu, sinon on ne tiendra pas le budget ». Cela prend quelques minutes tous les jours, mais vous gagnez sur le suivi de votre argent, et votre capacité à économiser.

Conclusion

Ne pas avoir à faire ses comptes, pouvoir dépenser sans compter, tel est le souhait de nombreuses personnes. Beaucoup ne font pas leurs comptes et vivent au jour le jour, voir au mois le mois.
C’est une situation qui devient presque une généralité lorsqu’on échange avec certains conseillers. Ils constatent que les clients qui n’ont pas de budget sont de plus en plus tôt dans le rouge au niveau du compte bancaire.
Cette absence dans l’éducation pour la tenue d’un budget va de pair avec un souhait d’avoir des cartes « temps réel ». Ces cartes distribuées par les FinTechs et délivrées historiquement aux clients à risque ou en situation d’échec bancaire, se démocratisent.
Ne pas tenir un budget rend difficile la projection dans les dépenses, et donc un souhait de compenser cela via les cartes type Visa Electron / V Pay / Maestro… avec cependant toutes les conséquences qui accompagnent ce type de comportement.
Tenir un budget permet également d’appréhender sereinement les cartes à débit différé. Elles ne sont nullement une « hantise » ou une « complexité », bien au contraire, elles deviennent un confort d’utilisation.
Fût un temps, que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre, la tenue d’un budget était une discipline enseignée durant le cursus scolaire. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y avait cet apprentissage de la gestion des finances et de l’argent dans les programmes. Cela a maintenant disparu, peut-être la raison de ce relâchement sur la tenue d’un budget.
La crise sanitaire a démontré une chose. Ce fût d’ailleurs repris par de nombreux médias, l’économie baisse dès qu’on ne vend plus des produits, non nécessaires, à des personnes ayant difficilement les moyens de les payer.
En association, on sait qu’il n’est jamais trop tard pour démarrer un budget. Les personnes en difficultés ont besoin d’un accompagnement au début pour appréhender cette routine, mais rapidement, elles en voient les bénéfices. Cette hygiène financière permet d’éviter des situations de surendettement ou céder à la facilité des crédits.
Image par Alexander Stein de Pixabay