Le offline doit-il être utilisé comme un argument commercial ?

Lorsqu’on parle de « hors ligne » ou « offline », on touche au domaine sensible de l’acceptation de votre carte bancaire lors d’un paiement. La présence ou l’absence de cette fonctionnalité suscitent régulièrement des questions, voir des suppositions concernant son degré d’acceptabilité.

Non le « offline » ne doit pas être un argument commercial !

Si votre boulanger, pour la même baguette, se mettait à vous sur-facturer celle-ci au motif que ce n’est pas une batte de baseball. Si vous ne souhaitez pas payer plus cher la même baguette, alors elle sera tellement dure que vous pourriez blesser quelqu’un avec. Trouveriez-vous ça normal ? Nous pensons que non !

Lorsqu’un boulanger vous vend une baguette, ou décide de l’offrir, le but est d’avoir un produit comestible. La carte bancaire c’est pareil, le but de cet outil de paiement est de pouvoir payer en toute situation.

Vous délivrer une carte bancaire sans « offline », c’est un peu comme vous donner du pain avec lequel vous avez de forte chance de vous casser une dent. Cela n’a pas réellement d’intérêt…

L’intérêt de ne pas mettre de « offline »

Cette absence de fonctionnalité résulte simplement d’un souhait de ne prendre aucun risque. Vous présentez une possibilité de défaillance, et donc l’établissement délivrant la carte ne souhaite pas vous faire confiance.

La licence utilisée pour l’émission des cartes n’a pas de lien avec la présence ou non de « offline ». Vous pouvez avoir un établissement de paiement, de monnaie électronique… et proposer du « offline ».

Seules les cartes de type « PREPAID » ne doivent pas embarquer cette capacité de paiement. Ce n’est pas fermement interdit, mais c’est tout comme. Donc une carte « PREPAID » étant destinée à un usage très limité et encadré, le hors ligne n’y a donc aucun sens.

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Le « offline » sur la puce et sur la piste

La puce de votre carte, et sa piste peuvent avoir 2 conditions techniques différentes. L’un peut accepter le « offline » alors que l’autre composant peut l’interdire. Certaines FinTechs autorisent la puce à faire du « offline » mais la piste magnétique n’y est pas autorisée. Ce type de programmation n’est clairement pas l’idéal !

Il est possible, via un script EMV d’activer ou de désactiver le « offline » d’une carte bancaire, mais exclusivement sur l’usage avec la puce. Les restrictions sur la piste magnétique ne peuvent pas faire l’objet d’une modification sans recourir à la fabrication d’une nouvelle carte de paiement.

Les valeurs du « offline » sur une carte

Les valeurs ne sont pas les seuls paramètres qui définissent si oui ou non votre carte sera compatible. Jusqu’il y a quelques mois, nous diffusions les valeurs pour les cartes que nous testions. Après réflexion, nous avons décidé de ne plus diffuser les seuils de « offline », mais uniquement nous limiter à la présence ou non de cette fonctionnalité.

Les subtilités échappent parfois aux non-initiés. Cela donne lieu fréquemment à des traductions de nos articles totalement faussées, et plus particulièrement lorsque ces derniers sont portés en vidéos… Afin d’éviter toute mauvaise interprétation, nous avons préféré simplifier le contenu des articles sur ce thème.

Un seuil de « 100€ » pour être tranquille

Le « offline » est composé d’un ensemble de critères qui bien souvent sont établies en EUR. Une position « 100 » n’aura donc pas la même valeur financière que vous soyez en EUR, CHF, DKK, GBP…

A l’avenir, nous allons établir une sorte de barème dans les articles. Nous pensons qu’une valeur de 100€ en hors ligne et au moins 5 transactions est un seuil confortable et de confiance. En utilisant une grille du type « offline supporté » vous pourrez comprendre qu’il est inférieur à 100€ et/ou 5 paiements. Avec « offline correct », ce sera le minimum syndical et avec, « offline confortable » vous saurez que vous dépassez ce seuil.

S’il n’y a pas de « offline » nous indiquerons clairement qu’il n’y en a pas sur cette carte. Mais nous pensons que cette grille est bien plus simple et compréhensible. Vous saurez ainsi si vous êtes un peu limite ou carrément à l’aise sur le « offline » d’une carte que nous avons testée.

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Réinitialiser le offline

Pour remettre à leur état initial, les curseurs offline, vous devez déclencher un paiement avec autorisation de l’émetteur de votre carte. Rappelons que les valeurs de « offline » sont entre 2 transactions autorisées par votre émetteur et sont ainsi réinitialisées si une demande d’autorisation de paiement reçoit un avis favorable.

Le seul moyen sûr d’être en « online » c’est d’utiliser un distributeur de billets, ou alors une pompe en 24/7. Ces 2 équipements sont toujours en « online », et sont mis hors d’usage s’ils ne peuvent pas faire de « online ».

Le « offline » ne se réinitialise qu’en mode carte insérée avec saisie du PIN. Tout autre canal de paiement ne remet pas les curseurs de votre carte bancaire.

Conclusion

Nous pensons que le « offline » ne doit pas être une option. Il doit être pleinement intégré aux cartes qui sont délivrées, afin qu’elles soient fiables et utilisables. Ne pas proposer du tout cette fonctionnalité est un non-sens, et quelque part, un manque de confiance envers son client ou l’usager du service.

Il est facile, pour certaines FinTechs ou néobanques, d’affilier les banques traditionnelles au grand méchant loup dans des discours marketing. Mais attention,  en contrepartie, elles doivent être en mesure de proposer mieux ou au moins aussi bien. C’est loin d’être le cas aujourd’hui.