QR Code

Le paiement mobile via QR Code, une alternative crédible ?

Quand on parle de paiement mobile, bien souvent les gens pensent Apple Pay et Google Pay. Des statistiques sont souvent publiées pour faire état du taux d’adoption du paiement mobile dans le monde. On y retrouve en première position la Suède pour l’Europe et la Chine pour l’Asie.

En réalité, ce n’est pas le « sans contact » qui est en tête, il est même invisible dans les statistiques mais le QR Code. Ce sont des applications installées sur Android et iOS qui sont en tête. Alipay et WeChat Pay pour l’Asie, Swish pour la Suède. Ces noms ne vous parlent peut-être pas mais pourtant ils sont les leaders du paiement mobile dans leurs pays.

Le QR Code c’est quoi ?

L’EMV QRCPS, c’est le nom technique de la norme de paiement par QR Code mis en place depuis 2017 par EMVCo. Un nom qui ne vous parle probablement pas.

Pourtant c’est eux qui définissent les spécifications techniques pour le fonctionnement de vos cartes, de vos paiements mobiles (Apple Pay, Google Pay…). Ils définissent les règles tant pour les outils de paiements dédiés aux consommateurs que pour les systèmes d’acceptations destinés aux commerçants.

Le QR Code en monétique est quelque chose de normé, d’encadré et reposant sur le norme ISO 18004 pour l’encodage et la visualisation des données.

VISA et Mastercard dans le QR Code

Masterpass QR et VISA QR sont les noms des 2 solutions de paiements par QR Code passant par les 2 réseaux internationaux.

Par défaut, le commerçant est en lien direct avec le fournisseur du service de QR Code. Il n’y a donc aucun intermédiaire.

Une transaction carte (y compris Apple/Google Pay) implique en moyenne 3 intermédiaires. Il y a donc moins de dépendances, moins de parties prenantes et donc moins de tiers accédants aux données sur la transaction.

Alipay et WeChat Pay en France

De nombreux commerçants commencent à adapter leurs terminaux et outils de caisse afin de gérer le QR Code. Ces améliorations se font surtout grâce au déploiement massif d’Alipay et WeChat Pay dans l’hexagone.

Une montée en puissance qui doit permettre de répondre aux attentes des touristes asiatiques et leur permettre de payer via leurs mobiles.

Les asiatiques préfèrent ces solutions à la carte bancaire ou encore le paiement mobile comme Apple Pay. Les 2 solutions considérées comme plus pratiques que des cartes ou un Google Pay par exemple.

Cela va surprendre, des amoureux du paiement mobile ou de la carte, mais c’est une question d’habitude. Une fois le geste adopté, le paiement avec un QR Code s’avère être très facile et sans friction.

Scénario d’un paiement avec AliPay

Une fois votre commande effectuée, vous devez scanner le QR Code de la caisse du commerçant. L’étape suivante, c’est de renseigner le montant que vous devez régler et approuver la transaction.

C’est relativement simple mais devoir renseigner le montant n’est pas dans les habitudes des Européens. Cela donne rapidement un sentiment de friction et l’expérience utilisateur sera alors critiquée par l’utilisateur. La réponse sera généralement de dire qu’avec un xPay on pose le mobile et c’est terminé. C’est une question de point de vue.

La méthode d’AliPay a un avantage. Il n’y a pas de manipulation d’un terminal de paiement ou autre et surtout, vous devez saisir le montant, ce qui évite toute erreur du commerçant. Vous réglez donc simplement en scannant le QR Code qu’il va afficher devant la caisse. C’est donc plus une différence de comportement et d’habitude qu’autre chose.

Scénario d’un paiement avec Swish

Ce mode de paiement est très largement majoritaire. Il implique une participation active du client.

Chez de nombreux commerçants, vous devez renseigner son identifiant Swish (souvent un numéro de mobile) puis préciser le montant. L’application Swish vous redirige vers BankID (Une application commune à toutes les banques suédoises pour la sécurisation des opérations). Vous vous authentifiez afin de valider le transfert d’argent. Si l’opération est acceptée par votre banque, vous revenez sur Swish et le commerçant a immédiatement les fonds sur son compte.

Le QR Code existe également. Au début, il ne servait qu’à éviter de saisir l’identifiant Swish. A présent, il permet de compléter l’ensemble des informations et donc d’aller encore plus vite dans le processus de paiement.

Scénario d’un paiement avec Lyf Pay

LyfPay a un mode connecté, il vous suffit de présenter votre QR Code ou Code Barre au commerçant. Vous recevez une notification dans l’application avec les informations du commerçant et le montant à régler. Il vous suffit d’approuver et la transaction est terminée, c’est aussi simple que ça.

Si vous n’avez pas de réseau, l’application va s’adapter, il vous suffit de saisir le montant à régler et un QR Code sera généré pour 2 minutes. Vous présentez ce code au commerçant et c’est réglé.

C’est lent, c’est nul avec mon mobile en sans contact je pose et c’est payé

Vous êtes probablement entrain de vous faire cette remarque après avoir lu des scénarios. Vous vous demandez même pourquoi en Suède et en Asie ces solutions sont en tête devant le paiement mobile en sans contact…

La raison est très simple, c’est qu’après une période d’adaptation, la gestuelle est devenue naturelle.

Sur ces marchés, la population locale s’étonne souvent qu’en paiement mobile les gens ne contrôlent pas avant le montant qu’ils vont régler, en lisant clairement sur le terminal de paiement le montant à payer.

Cela semble totalement fou pour eux de débloquer un mobile et pouvoir payer sans double confirmation de la transaction. Si à cela vous pensez répondre que vous avez une notification ou autre, c’est bien joli, mais une fois l’accord de paiement donné, il est irrévocable.

L’autre point qui surprend, c’est de voir la gymnastique des gens avec les cartes de fidélité. Vous devez d’abord accéder à la carte de fidélité (via Wallet, Stocard, Fidme,…) puis poser votre téléphone pour payer (quand ça fonctionne)… L’article serait indigeste si on détaillait tous les scénarios. BlueCode fera cependant l’objet d’un article dédié, tout comme LyfPay prochainement.

La fidélité et le paiement avec le QR Code

C’est le fonctionnement fréquent, lorsque vous présentez le QR Code, ou que vous scannez le QR Code, les informations liées à votre fidélité remontent automatiquement. Vous faites ainsi d’une pierre deux coups.

C’est l’un des nombreux avantages du QR Code. En simplifiant ce processus, vous augmentez vos avantages avec l’enseigne et déduisez automatiquement ces derniers lors du paiement.

Pour ceux qui ne le souhaitent pas, il suffit de supprimer l’association et s’en tenir simplement au paiement.

L’interopérabilité du QR Code

Actuellement, le gros inconvénient du QR Code c’est l’obligation d’avoir plusieurs applications, selon le pays dans lequel vous vous rendez. Il ne vous est donc pas possible de payer avec LyfPay chez un commerçant Alipay par exemple. Bien souvent, l’accès à l’application est restreint.

Par exemple avec Swish, Il vous faudra disposer d’un compte bancaire en Suède (et c’est nettement plus compliqué à ouvrir qu’en France), sans compter qu’en l’absence d’un numéro de matricule Suédois (là encore fastidieux à obtenir), l’application Swish sera quasiment inutilisable sans ce matricule Suédois.

Depuis le 10 juin 2019, le Mobile Wallet Collaboration, a annoncé une interopérabilité du QR Code.

  • ePassi et Pivo (Finlande)
  • Vipps (Norvège)
  • Bluecode (Allemagne et Autriche)
  • MOMO Pocket (Espagne)
  • Pagaqui (Portugal)

Ces 6 leaders du paiement mobile sont déjà rejoints par un géant mondial, Alipay.

Les commerçants n’auront donc plus à gérer indépendamment chaque partenaire, ce sera automatisé. Le Mobile Wallet Collaboration ne compte pas s’arrêter avec ces acteurs-là. D’autres sont déjà activement en phase en phase de test pour rejoindre cette interopérabilité.

Un Allemand, par exemple, pourra utiliser BlueCode en Chine ou chez tous les commerçants dans le monde acceptant Alipay (même en France). Les autres acteurs comme twint en Suisse, Swish en Suède, LyfPay en France, paydirekt/kwitt en Allemagne seront très certainement de la partie dans les prochains temps afin de démocratiser ce mode de paiement.

Le QR Code et la vie privée

Un autre avantage du QR Code c’est la réduction drastique des partenaires intervenant dans le processus de paiement. Même avec Apple Pay par exemple, vous allez avoir en moyenne 6 partenaires qui accèdent aux informations relatives à votre utilisation d’Apple Pay.

Si vous pensez qu’il est impossible de tracer le paiement, sachez que c’est comme croire que bloquer le clic droit sur un site va empêcher d’enregistrer l’image sur son ordinateur.

Avec le QR Code il y a 3 partenaires qui interviennent en moyenne (le commerçant, le gestionnaire du QR Code et votre banque). Moins il y a de partenaires, moins il y a de risque d’incidents également.

En Europe, toutes les sociétés proposant le QR Code ont fait de la vie privée un axe directeur pour le service. En Suède, les opérations avec Swish sont très encadrées et les données de paiements encore plus restreintes qu’avec l’utilisation d’une carte Mastercard ou VISA.

Ce fonctionnement en cercle restreint, on le retrouve chez American Express, China Union Pay, Discover / Diners Club, Japan Credit Bureau,… Ces acteurs sont à la fois émetteur de la carte, acquéreur des transactions et réseau de traitement des opérations.

L’avenir proche pour le QR Code

Lyf Pay n’est pas le seul acteur français sur ce créneau, Lydia est également dans l’aventure avec sa solution. Derrière le QR Code, il y a cette volonté de regrouper toutes les interactions tout en sécurisant d’avantages les transactions. Il n’y a plus aucun numéro de carte qui transite, pas même un numéro virtualisé (token).

En guide de conclusion, on vous dévoile 2 concepts déjà très avancés pour un déploiement prochainement dans des franchises en restauration.

Votre repas est terminé, vous sollicitez l’addition. Lorsque la douloureuse arrive, un QR Code est imprimé dessus. Il vous suffit de lancer votre application de paiement, par exemple LyfPay et vous réglez immédiatement votre addition.

Mais cela va plus loin, vous pouvez automatiquement répartir le paiement entre tous les convives pour régler la note. Le petit bonus, le pourboire peut également être ajouté, vous n’avez donc plus à garder une pièce de 2€ ou un billet de 5€ afin de remercier l’équipe pour le service et le repas.

Le second concept est très proche, à la différence qu’il n’y a même plus besoin de réclamer l’addition. Via un QR Code directement lié à votre table, vous pouvez régler l’addition, laisser un pourboire et quitter les lieux.

Ces 2 concepts permettent ainsi d’éviter l’attente en caisse ou l’arrivée du terminal de paiement afin de régler. Cela permet de fluidifier le service surtout durant les heures de pointes et c’est également un facilitateur pour le pourboire.

Dans ces 2 concepts, il est possible de régler partiellement ou totalement l’addition avec le QR Code. Plusieurs convives peuvent régler séparément par QR Code, pour éviter le remboursement postérieurement, ou même mixer les moyens de règlement, une partie en QR Code et l’autre en espèces par exemple.

Dans notre test, nous avons réglé l’addition en une fois par QR Code dans une franchise en France, puis avec l’application, nous avons pu séparer par email/sms automatiquement la note.

Lorsque vous réglez par carte, sauf dans des petits restaurants familiaux, il est impossible d’encaisser plus que le montant de l’addition via le terminal de paiement. Donc même si le service était excellent, vous ne pouvez pas laisser un pourboire si vous n’avez pas de monnaie sur vous. Avec ce concept, il devient simple d’en laisser et d’être reconnaissant pour le service dans un secteur où le travail, comme les horaires sont éreintants.

A ceux qui diraient qu’il suffit de mettre des terminaux de paiements à chaque table ou des capteurs NFC, on vous répondra que les terminaux, coûtent très cher et qu’il y a le risque de casse et vol. Concernant les capteurs NFC, il faudrait qu’Apple, Google et les autres OS s’accordent sur un standard et ce n’est pas gagné, sans être nullement un problème de vie privée, mais un problème de licence / royalties.

Le QR Code supprime donc ces problèmes et l’interopérabilité qui se dessine depuis le 10 juin 2019 permettra un essor de cette forme de paiement.