Moneway : un bon élève qui peut mieux faire !

Moneway c’était jusqu’à présent le pari très audacieux d’une jeune équipe, souvent taquinée sur les réseaux. Aujourd’hui Moneway, c’est une application beta associée à une carte de débit mastercard.

Depuis le début de sa communication sur les réseaux, Moneway avait mis régulièrement en avant une offre totalement gratuite. L’offre est sortie ainsi que sa grille tarifaire. Il est temps pour nous de comparer discours et réalité.

Une offre inadaptée aux personnes voyageant hors zone Euro

Dans un secteur très concurrentiel, sortir une offre avec des frais va forcément susciter des réactions négatives.

Pour notre part, nous avons été étonnés de voir une offre avec 2% de frais si vous réglez dans une devise de l’EEE (Espace Économique Européen).  Les transactions dans les devises BGN, CZK, DKK, HUF, ISK, EEK, HRK, NOK, PLN, RON, GBP et SEK, seront donc majorées de 2%

Si vous réglez dans une autre devise que celles citées ou l’EUR, vous aurez alors 2.5% sur chacun de vos paiements.

En dehors de la zone Euro, chaque retrait vous sera facturé 2€. Seuls les retraits dans la zone Euro seront sans frais, dans la limite de 5 retraits par mois, puis 1€ au-delà.

Des frais pour les opérations refusées

C’est l’un des points qui nous surprend le plus, la facturation de 20 centimes par paiement refusé au-delà de 5 refus.

Concrètement qu’est-ce que cela veut dire ?

Si votre paiement ou votre retrait est refusé car vous n’avez pas la provision, parce que vous avez oublié de débloquer votre carte,… dès que vous allez atteindre 5 refus, tous les suivants vous seront facturés 0.20€.

Ce procédé se retrouve surtout chez certains distributeurs de cartes prépayées souvent anonymes. On le retrouve également chez Lydia avec le même seuil. Pour information Moneway et Lydia passent tous deux par Treezor.

On peut concevoir un coût pour les retraits refusés, car certains gestionnaires facturent l’opération, mais cela reste rare. Sur les paiements par contre, cela est choquant et questionne.

Petit exemple concret

Imaginons que vous utilisez votre carte sur un site pour un paiement. Par mesure de sécurité, vous bloquez les paiements en ligne. Le commerçant se lance ensuite dans un renouvellement journalier des tentatives de paiements. Vous serez facturé à hauteur de 5€ sur un mois pour l’insistance du commerçant.

L’objectif des Fintech c’est de simplifier l’utilisation des paiements. Vous payez sur un site puis vous bloquez, par sécurité, la carte sur les paiements à distance afin que les itératifs des commerçants ne fonctionnent pas (il faut dire que certains commerçants obligent à envoyer des RAR pour résilier).

Une absence de 3DSecure sur la carte

La DSP2 rendant obligatoire l’authentification forte en fin d’année, il est étonnant de voir un nouvel acteur se lancer sans proposer le 3DSecure à ses clients. Alors que dans l’idée fintech, Moneway aurait même dû proposer immédiatement 3DSecure 2.0.

Bien que nous soyons en présence d’une carte DEBIT, ce qui est un très bon point, on aura donc des difficultés à faire usage de la carte pour les paiements à distance.

C’est d’ailleurs toujours cocasse de voir un prestataire comme Moneway imposer le 3DSecure sur les cartes utilisées pour recharger le compte mais ne pas le proposer sur les cartes distribuées.

Une absence de hors ligne

Moneway rejoint donc les cartes de DEBIT comme Max, Morning, Wirex, iCard, LeoPay,… qui refusent les transactions offline (hors forçage du commerçant avec risque d’impayé pour lui).

Nous sommes donc face à une carte punitive des plus restrictives. C’est dommage surtout vu les articles que publiait Moneway sur son blog avant son lancement.

Là encore, c’est dommage d’avoir pu lire que Moneway était conscient des problèmes qu’une telle carte pouvait occasionner pour finalement en fournir une…

Une offre pas si gratuite que ça

D’autres frais sont encore plus étonnants comme par exemple les 1,50€ facturés pour la mise en place d’un prélèvement SEPA.

Globalement, Moneway est très éloigné des politiques fintech et néobanques. L’absence de frais lors des opérations en devises ou encore lors de l’utilisation du compte semble être devenu la norme chez la majorité des acteurs

Le coût de la carte doit s’élever à 3/4€ approximativement. Facturer l’expédition de la carte 5€ et mettre la gratuité sur les autres prestations nous semble plus adéquat.

Un coût fixe de 1€ en France et 2€ à l’étranger pour les retraits aurait été cohérent pour couvrir les frais.

Si on devait revoir l’offre, on imaginerait donc 5€/carte commandée et la facturation des retraits. Aucun autre coût, ni frais et bien entendu, 3DSecure avec hors ligne toléré (disons 100€ et 5 paiements).

Sur les autres points, par exemple les plafonds, pas de modification, c’est cohérent.

Des éclaircissements nécéssaires

Actuellement, certains points ne sont pas clairement expliqués dans la FAQ, par exemple :

  • Quelles sont les cartes compatibles avec le chargement du compte par TopUp ?
  • Quelles sont les limites pour le changement par carte bancaire ?
  • Quel est le délai de rétention d’un séquestre si le paiement est refusé par le commerçant ou abandonné ?

Les point positifs à retenir

Il est également important de soulever les points positifs de Moneway.

On peut déjà commencer par la disponibilité de l’équipe qui se montre réactive et très accueillante lors des demandes.

L’application est également prometteuse. On voit qu’il y a une volonté de sortir une application du niveau de N26 ou Revolut et donc avoir quelque chose de natif et non du React (JS) comme Max.

Moneway intègre  des informations de Treezor comme l’adresse du commerçant qui est communiquée par le réseau Mastercard lors de la transaction. L’information est couplée à Google Maps pour être plus parlante. Moneway est donc la premiere néobanque à exploiter cette information pourtant détenue par toutes les néobanques lors des paiements et retraits. Il manque cependant le motif d’un refus. Actuellement l’application se limite à indiquer « Autre raison ». De même que l’état du paiement, pour voir si l’opération est en attente ou si elle est finalisée.

Côté options, on retrouve la gestion des paiements (en ligne, sans contact, étranger et retrait), mais Moneway gère nativement la modification du code PIN. La gestion de la piste magnétique aurait été un plus mais cela ne semble pas être proposé par Treezor.

Les cartes virtuelles semblent au programme d’après les communications diffusées par Moneway.

L’application étant en bêta, elle est donc focalisée sur les fonctions de base, mais comme indiqué, elle est prometteuse. Ils devraient également mettre en place un mécanisme pour ne pas afficher en clair les informations de la carte (numéro, expiration et cryptogramme) afin qu’elles ne soient pas visibles de tous dès qu’on clique sur « Carte ».

La carte Moneway vient avec des garanties comme l’Assurance Voyage & Accidents Voyage opérée par Europ Assistance.

Conclusion

Bien que l’offre tranche avec ce qu’on a l’habitude de voir et ce qu’on attend d’une Fintech, elle n’est pas mauvaise. Moneway se dit ouvert à la discussion sur les tarifs et son offre. On pose donc dans cet article nos suggestions et recommandations pour revoir un peu leur offre. Après tout Yeeld a bien revu sa formule après la bêta.

Donc en l’état, Moneway n’apporte rien de suffisamment novateur pour justifier les frais en devises. En revoyant cette partie, Moneway pourrait trouver sa cible de clients surtout avec l’accueil de leur support.