Pumpkin, une offre bancaire ouverte à tous

Après quelques vacances bien méritées ( enfin on le pense ), l’équipe est de retour. Nous reprenons avec un article dédié plus aux jeunes, mais l’offre est ouverte à toutes les catégories chez Pumpkin.

Une FinTech dans le giron d’Arkea

L’ADN d’Arkea est de soutenir des FinTechs et autres acteurs émergents qui font le pont entre le financier et les autres besoins. Dans cette stratégie, Arkea a pris des positions fortes dans Pumpkin depuis plusieurs années.

Il faut bien reconnaître, qu’en se plaçant initialement comme un concurrent de Lydia, Pumpkin était très confidentiel. Il est rare de trouver des personnes qui connaissent ce service, ou disposant d’un compte dessus.

Le service a toutefois étoffé son offre en mettant en place une solution de compte bancaire, lequel sert de support à une carte de débit Mastercard. Le compte est géré par le CFCAL (Credit Foncier Communal Alsace Lorraine), une banque de plein exercice, filiale du groupe Crédit Mutuel Arkea. La carte est délivrée par cette même institution.

Comme Max, la solution utilise l’infrastructure d’Arkea afin de limiter les tiers. Lydia utilise, de son coté, 3 partenaires différents pour son offre de compte et de cartes, sans compter le réseau Visa en supplément.

Les racines de Pumpkin

Historiquement, Pumpkin était axé sur le transfert d’argent entre particuliers, le fameux P2P. Le service permettait donc de rembourser un ami par exemple.

L’offre s’est ensuite étoffée en ajoutant un dispositif d’ardoise mutualisée, comme ce que fait Tricount. En intégrant un tel service au sein de Pumpkin, il n’était donc plus nécessaire de faire appel à un service externe, tout est au sein d’une même application.

Le service se trouvait toutefois face à un concurrent de taille, à savoir Lydia. Des fonctionnalités comparables furent ajoutées chez Revolut, de quoi faire sérieusement de l’ombre à Pumpkin.

Le P2P est surtout utilisé chez les universitaires. Et dans ce secteur de l’éduction, Lydia y est en force. Ils transforment certains étudiants en ambassadeurs, et souvent ce sont des étudiants avec des implications dans des comités ou des bureaux, de quoi faire adopter Lydia.

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Le compte bancaire Pumpkin

Le compte n’est donc pas lié à une licence d’établissement de paiement ou de monnaie électronique. C’est bien un établissement de crédit qui porte la licence de votre compte bancaire chez Pumpkin. Vous bénéficiez ainsi des même garanties qu’un compte bancaire ouvert auprès d’une banque en ligne ou traditionnelle en France. Vos dépôts sont couverts par le FGDR à concurrence de 100 000€ de manière individuelle.

L’IBAN débute par « FR ». Il n’y a quasiment aucun risque de voir ce dernier discriminé, dans la mesure où il repose sur le CFCAL (Credit Foncier Communal Alsace Lorraine) et non un établissement spécifique comme Nickel ou éventuellement Revolut, un jour. L’IBAN est compatible avec les virements et les prélèvements SEPA.

Par défaut, le service Pumpkin est accessible dès 16 ans. Il vous faudra, par contre, attendre d’avoir 18 ans pour ouvrir la partie compte bancaire sur le service et ainsi pouvoir disposer d’un IBAN et d’une carte. Il vous faudra également être résident en France pour souscrire au service.

Le compte s’alimente soit via les remboursements que vous avez obtenus, mais aussi via un Top Up par carte bancaire ou virement. Il est donc possible de charger instantanément sur compte Pumpkin.

Les frais d’incident

Les conditions confèrent à Pumpkin la perception de 8€/irrégularité dans la limite de 80€/mois. Ce sont les commissions d’intervention. Toutefois, aux vues de la configuration du compte et de la carte, vous ne devez pas être exposés à ces frais. Cela nous laisse supposer que l’offre de Pumpkin est vouée à évoluer et s’étoffer à l’avenir.

La carte bancaire Pumpkin

La carte de paiement est une carte de débit émise sur le réseau Mastercard. Il y a plusieurs couleurs disponibles, mais toutes les cartes sont translucides sur la partie inférieure. Le design est simple et élégant, avec les chiffres embossés, de quoi faciliter son acceptation en l’état.

Vous disposerez d’une carte à autorisation systématique (CAS) comme vous les retrouvez dans 100% des FinTechs. Ne vous attendez donc pas à une surprise de ce coté là.

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Pas de frais en devises

Les paiements sont sans frais partout dans le monde. Il n’y a donc pas de facturation sur les transactions effectuées dans une devise autre que l’Euro. Pour les retraits, c’est la même politique, avec toutefois, une facturation fixe de 1€/retrait dans le mois, à partir du 3ème retrait. Une facturation cohérente, rappelons que les retraits sont facturés par les gestionnaires des distributeurs de billets.

Les plafonds

Côté plafonds, par défaut, vous avez le droit jusqu’à 1.000€ pour les retraits et 2.500€ pour les paiements sur 7 jours glissants. Ce qui équivaut à 4.000€ de retraits et 10.000€ de paiements chaque mois avec Pumpkin.

Les fonctionnalités

Vous avez la possibilité de suspendre temporairement la carte. Vous pouvez également bloquer ou débloquer les paiements à l’étranger, les paiements à distance, les paiements sans contact et les retraits aux distributeurs de billets.

Le code PIN n’est pas personnalisable, il vous est imposé par Pumpkin lorsque vous commandez votre carte. Vous pouvez toutefois le consulter à tout moment dans l’application.

Si votre carte doit être remplacée avant son terme, comptez 10€ de frais pour ce remplacement anticipé. Dans l’hypothèse où vous contestez un paiement ou un retrait que vous avez bien effectué, des frais de 50€ seront appliqués à l’issue des recherches effectuées.

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Une offre à 2€/mois devenue 0€/mois

Officiellement, le coût de l’offre bancaire Pumpkin est fixée à 2€/mois. Toutefois, les primo clients ont été informés que l’offre passait à 0€/mois au lieu de 2€/mois. Cette gratuité est assurée au moins jusqu’à 30 juin 2021.

Que ce soit l’ouverture du compte ou la commande et l’expédition de votre carte, cela est gratuit.

Dans la recherche d’une rentabilité, le service mise sur son offre « Business », une solution d’encaissement des transactions. Un service très orienté sur le milieu « étudiant ».

Pumpkin, en passant à 0€/mois est clairement dans une phase de conquête. Ils vont brûler du cash pour recruter du client et espérer que le service puisse émerger, malgré un secteur très chargé et dominé par Revolut.

Des assurances pour les voyages

A l’inverse de la quasi-totalité des offres gratuites dans les FinTechs, la carte Mastercard porte des assurances dédiées aux voyages. On sera moins complet que Max sur ce volet, mais aucune FinTech n’arrive, actuellement, à la cheville de Max sur les prestations d’assurances et d’assistances.

Les assurances s’articulent autour de l’assistance lors d’un sinistre survenu et occasionnant une invalidité ou le décès du détenteur de la carte, ou des descendants par exemple. Il y a donc l’assistance médicale pour les divers frais durant ce sinistre, par exemple les frais médicaux, les frais de secours sur piste, le rapatriement, le retour anticipé, l’assistance juridique…

Concernant la location de biens, comme des véhicules, il n’y a pas de couverture. Mais dans l’offre actuelle, la « personne » est couverte en cas de sinistre.

Une offre de « cashback »

Le « cashback » est proposé en mode hybride. Il fonctionne dans les boutiques, mais aussi sur les sites internet des enseignes partenaires.

Il suffit simplement de payer avec sa carte, à l’instar de ce que propose Curve chez les commerçant adhérents au dispositif. L’application vous invite à choisir la ville, pour consulter les offres disponibles, elles seront complétées par les offres « en ligne », par exemple 10% de cashback sur Quitoque dès 40€ dépensés ou 10% chez Booking. Certains bonus à la souscription de contrats comme 30€ chez Ilek sont également proposés. Les offres en boutiques sont surtout disponibles dans des villes étudiantes comme Paris, Strasbourg, Bordeaux…

Nous restons un peu sur notre faim concernant les partenaires pour le Cashback. Les offres sont surtout présentes dans des enseignes pas toujours compatibles avec le budget d’un étudiant. Un cashback dans des réseaux comme Lidl, Carrefour, Leclerc… nous semblerait plus en adéquation avec le budget moyen des étudiants.

Vivid par exemple en cashback (sans lien d’affiliation pour profiter des offres), propose 10% sur Spotify, Netflix… mais également chez Lidl, Aldi… les « offres spéciales » sont disponibles sur l’offre à 0€ également, de quoi obtenir un cashback intéressant en faisant ses courses chez Lidl.

En règle générale, les offres « cashback » sont des négociations entre l’enseigne (ex Lidl) et un prestataire comme Vivid. Le prestataire fait de la publicité pour l’enseigne dans son application et incite le client à y dépenser son argent contre un cashback. L’enseigne et le prestataire sortent tous deux gagnants de ce système marketing, bien moins coûteux à l’enseigne car ciblé, si le client ne vient pas, celui ne lui coûte pas 1 seul centime.

L’application mobile Pumpkin

Pumpkin s’adresse aux jeunes. Les codes couleurs, l’ergonomie et la convivialité de l’application ne laissent aucun doute. Résultat, une application bien exécutée et agréable.

L’application est simple. Vous arrivez immédiatement sur la liste des opérations, vous permettant d’avoir tout de suite le solde et les derniers mouvements sur votre compte.

Un onglet vous permettra d’accéder à la gestion de votre carte Pumpkin. Un autre vous donnera accès au cashback. Un menu général regroupe les paramètres et autres fonctionnalités de l’application.

Un réseau social intégré

Un réseau social Pumpkin est également embarqué afin d’avoir une interaction avec vos amis qui sont également sur le service. Nous sommes un peu plus dubitatif sur l’intérêt. Pour nous,  les réseaux sociaux n’ont rien à faire dans les applications bancaires.

Toutefois, il faut nuancer notre vision par le fait que Pumpkin s’adresse aux jeunes, et donc aux étudiants qui ne sont pas avares sur le partage et l’interaction via de tels outils. Cela reste en phase avec le comportement sur segment visé par Pumpkin. Il est tout à fait possible de ne pas activer de fil et donc rester invisible.

Ce que nous aimons moins chez Pumpkin

S’adressant à une génération connectée, l’absence d’Apple et Google Pay chez Pumpkin pourrait s’avérer dissuasive. Lydia, le concurrent direct, propose ces modes de paiements.

Sur une monétique gérée par Arkea, le déploiement de Samsung, Fitbit, Garmin, Google et Apple Pay ne relève que d’une acceptation des contrats avec les équipementiers. Ce qui nous laisse penser que Pumpkin est déjà en réflexion sur le déploiement.

Les cartes bancaires proposées par les néobanques imposent de manière systématique des autorisations. Nous trouvons dommage qu’Arkea n’ait pas poussé Pumpkin à intégrer du « offline » afin que la carte puisse déroger à cette règle en cas de terminal de paiement déconnecté. Là encore, on se doit d’opposer Pumpkin à Lydia qui propose cette tolérance, même limitée.

Nous sommes toutefois conscient que cela nécessite une prise de risque, et quelqu’un doit assumer cette possibilité de défaillance du client. Max, par exemple, a déjà laisser entendre que ce « offline » est assimilé chez eux et qu’une solution sera proposée afin d’augmenter l’acceptation de leur carte en toute situation.

Conclusion

Pour l’ouverture du compte, vous devrez passer une étape de connaissance du client en envoyant les éléments sur votre identité, et en passant un contrôle photo/vidéo pour limiter les usurpations d’identités.

Une ultime étape sera la réalisation d’un virement bancaire, même d’1ct, depuis un compte à votre nom et détenu dans un autre établissement bancaire de crédit en France. Ce virement sera la dernière étape pour activer le compte, et vous pourrez l’effectuer en attendant l’arrivée du facteur vous apportant votre carte.

Le support est très réactif, et disponible également par téléphone au besoin. Offre axée sur les jeunes, le tutoiement est de rigueur lors des échanges, de quoi casser le côté austère d’un échange imposé par le vouvoiement.

Face à Lydia, nous avons du mal à voir comment Pumpkin compte s’imposer. L’offre est intéressante, les partenaires de qualité, mais le secteur est vraiment surchargé par la quantité d’offres présentes. Pumpkin a toutefois un avantage, c’est d’avoir Arkea dans ses investisseurs. Espérons cependant que le départ de Ronan Le Moal ne soit pas le signe d’une réduction des investissements dans les FinTechs soutenues par Arkea.

Sur le côté financier, on voit que N26 tout comme Revolut souffrent de la situation sanitaire dans le monde. Les deux historiques du secteur ont été obligés de prendre des mesures financières (changement dans les offres), mais surtout humaines (licenciements…) afin de réduire les dépenses tout en continuant à lever des fonds pour survivre.

En ciblant les étudiants, Pumpkin se heurte un peu à la situation sanitaire car ces derniers sont nettement moins présents dans les universités. La partie « entre potes » pour les remboursements ne trouve plus trop d’intérêt actuellement, sauf en cas de colocation par exemple.