carte ultim boursorama

Retour sur l’offre Ultim de Boursorama

Depuis plusieurs jours, les premières cartes VISA Ultim commencent à arriver chez les clients les ayant commandées. C’est l’occasion de faire un petit retour sur cette offre et rappeler le fonctionnement des cartes.

Les cartes et leur fonctionnement

Il semble important de rappeler qu’il existe plusieurs « catégories » de cartes :

La carte normale :

C’est une carte délivrée par l’établissement financier lorsque vous savez maîtriser vos dépenses et que vous ne représentez pas de risque majeur. Avec une telle carte, le contrôle de solde n’est pas opéré. De même qu’elle ne va pas solliciter un échange avec l’émetteur à chaque paiement, elle sait approuver seule le paiement.

La carte à contrôle de solde :

Elle est délivrée par votre établissement lorsque vous présentez un risque faible de dérapage. C’est à dire, qu’il faut contrôler vos dépenses sans pour autant placer un séquestre (geler le montant correspondant au paiement en cours). La carte va donc préférer que l’émetteur soit solliciter à chaque opération. Toutefois, elle aura une forte tolérance à pouvoir approuver seule une transaction (en cas d’impossibilité de solliciter l’émetteur). Nous ne sommes pas encore dans une configuration punitive. Ce profil est fréquent sur certaines cartes de DEBIT hors France.

La carte à contrôle de solde avec séquestre :

Nous entrons dans la catégorie des cartes punitives. Avec un tel niveau, l’établissement se protège de vous. Vous êtes considéré comme client à risque ne sachant pas gérer son budget. Par conséquent, chaque paiement fera l’objet d’une autorisation de l’émetteur et d’un séquestre.

L’intérêt étant de vous empêcher de dépenser cette somme ailleurs. Le solde du compte est amputé de ce montant, dans l’attente qu’il soit réclamé, annulé ou corrigé par le commerçant.

La carte pourra, dans des conditions techniques très précises, fonctionner sans accord de l’émetteur. Cela se fera cependant avec une tolérance plus faible, généralement entre 60 et 250€, sur une même période.

La carte à contrôle de solde obligatoire et séquestre :

C’est la carte la plus restrictive existante. Vous présentez un risque grave et avéré de défaillance. La carte doit à la fois protéger l’émetteur de votre comportement mais également vous protéger de vous même. La carte imposera au commerçant de solliciter l’émetteur. En cas d’impossibilité, la transaction sera refusée.

L’objectif de cette configuration, c’est l’impossibilité de mettre le solde du compte en situation débitrice. Il n’y a donc pas de hors ligne (sauf prise de risque individuelle du commerçant qui aura été démarché par l’émetteur).

Le choix des banques et des néobanques :

Toutes les Fintech et les Néobanques vous proposent en grande majorité la carte à contrôle de solde obligatoire et séquestre. Seules quelques exceptions (bunq, Curve, N26, OrangeBank et TransferWise) proposent la carte contrôle de solde avec séquestre.

Les banques détestent, et cela partout dans le monde, proposer ces 2 dernières catégories. Elles sont réservées à certains profils « en défaut » en raison des conséquences et complications qu’elles vont occasionner.

Globalement, les banques partent sur la carte normale et font une appréciation du risque lors de l’entrée en relation.
Si la banque a un doute ou si elle pense que vous représentez éventuellement un risque, elle va placer la carte à contrôle de solde. Visuellement, elle sera identique à la carte normale. Seule la configuration technique changera.

Boursorama est une banque avec une connaissance du terrain au travers de la Société Générale. La banque en ligne propose donc une carte à contrôle de solde pour la VISA Ultim. Elle peut ainsi proposer une carte sans inconvénients majeurs et qui soit acceptée de manière bien plus large qu’une carte délivrée par une néobanque ou une Fintech.

VISA Ultim et contrôle de solde :

Lorsque vous allez utiliser votre carte VISA Ultim, cette dernière va indiquer au terminal de paiement qu’une autorisation de Boursorama est préférée afin que la transaction soit acceptée.

Le terminal va répondre favorablement à ce souhait, et vous allez voir en France un message « RETOUR SOCLE S.V.P. » ou « AUTO EN COURS » ou « APPEL EN COURS »,… précisant que le TPE (Terminal de Paiement Électronique) procède à un contrôle avec Boursorama pour ce paiement.

Selon la connectivité du terminal, le processus va prendre entre 5 et 30s. C’est très long et le ressenti est encore plus impressionnant car vous ou le commerçant fixez le terminal en attendant la sortie du ticket…

Quand la demande du TPE atteint Boursorama, la banque procéde à différents contrôles. Le plus important, elle va s’assurer que le montant du paiement ne dépasse pas le montant de votre encours. C’est à dire le solde de votre compte plus les 100 ou 200€ de découverts associés au compte. Si vous dépassez l’encours, le paiement et refusé, si vous ne le dépassez pas, le paiement est accepté.

La différence avec les néobanques & Fintech, c’est que le montant du paiement ne sera pas gelé sur votre compte. Cela veut dire que si votre encours est de 200€, vous pouvez effectuer plusieurs paiements de 200€.

Si vous dépassez votre découvert autorisé et vous ne régularisez pas, alors Boursorama sera dans l’obligation de notifier la Banque de France de votre utilisation abusive. Une inscription sera conduite au sein du FCC (volet CB). Autant dire qu’il ne faut pas abuser de la confiance octroyée par Boursorama.

Ce fonctionnement de la VISA Ultim tranche avec ce que les clients voient dans les Néo/Fintech. Cela risque de surprendre ceux qui veulent le séquestre. C’est d’ailleurs étonnant, car ils peuvent de tête se projeter dans le solde du compte à venir, et même consulter les montants autorisés dans l’interface de Boursorama.

Avec ce choix, Boursorama ne débite ainsi que les montants finaux. Si vous prenez du carburant, vous ne serez pas amputé pendant plusieurs heures ou jours du montant pré-autorisé. C’est donc un comportement important pour les ménages modestes, surtout en fin de mois.

C’est également un avantage lors des locations (véhicule, scooter, vélo,…) ou des dépôts de garanties (machines, équipements, appareillages,…) et même lors de séjours (ex les hôtels).

A l’étranger, c’est aussi un avantage. Surtout quand le pourboire fait l’objet d’une seconde transaction par exemple, vous n’aurez pas 2 fois l’argent débité du compte.

La carte apporte ainsi plus de liberté et vous retrouvez l’ensemble des transactions autorisées via le menu « CARTE » de votre application Boursorama ou le site de Boursorama.

Concernant les notifications, Boursorama propose les alertes SMS et Mails via les options de l’Espace Client / Application. Pour notre part, nous recommandons les SMS car en l’absence de DATA, votre mobile n’affichera pas de notification, alors que cela fonctionne en SMS même dans des zones blanches ou avec la DATA coupées à l’étranger car non incluse dans votre forfait.

VISA Ultim et le hors ligne :

Lors de la bêta, la VISA Ultim disposait de deux réservoirs, l’un national, et l’un international. La version finale dispose d’un réservoir unique suite aux premiers retours.

La carte propose donc un seul et unique plafond de hors ligne porté à 800€ ou 15 paiements entre 2 autorisations émetteur (online). Ce qui laisse ainsi une marge très confortable d’utilisation encore plus que lors des premiers essais.

Nous sommes toutefois sur une carte à contrôle de solde. La préférence initiale est l’autorisation via l’émetteur de la carte et non l’autorisation par la carte elle même, en opposition donc avec une carte normale.

Imaginons que vous désirez payer par carte dans un restaurant mais que ce dernier ait un souci avec son accès internet.

Il est très rare de voir les commerçants savoir faire usage de leur carte commerçant afin de forcer le TPE à passer en hors ligne dans ces petits commerces. C’est davantage quelque chose de maîtrisé chez les gros acquéreurs comme les hypermarchés.

Si le commerçant n’a fait cette bascule en mode déconnecté, alors votre carte VISA Ultim sera refusée. Le TPE se fendra d’un message « CENTRE D’AUTORISATION NON ATTEINT », « INCIDENT AUTORISATION », « CENTRE INDISPONIBLE »,…

Dans une telle situation, seule une carte normale sera fonctionnelle. Toutes les autres se termineront pas un « ABANDON DEBIT », de même que votre paiement avec un mobile Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay, Paylib,…

Si en revanche, le commerçant a échangé avec son prestataire technique et obtenu accord de sa banque, il passe son terminal en mode « déconnecté ». Votre carte VISA Ultim (ou avec tolérance au hors ligne) sera acceptée. Mais votre paiement avec mobile, montre ou autre objet connecté sera toujours refusé.

Les automates se multiplient (distributeurs de boissons, denrées alimentaires, confiseries, journaux,…). Ils sont fréquemment confrontés à des incidents ne permettant pas de conduire d’autorisations avec l’émetteur. Votre transaction sera alors refusée avec toutes cartes autres que les cartes normales.

VISA Ultim une carte principale ou secondaire :

Globalement, le taux d’acceptation d’une VISA Ultim sera plus élevé qu’une carte à contrôle de solde avec séquestre ou contrôle de solde obligatoire avec séquestre.

Bien qu’elle soit mieux placée que toutes les cartes des Néo/Fintech, elle sera un peu plus sujette aux incidents de paiements qu’une carte normale. Mais ces situations ne sont pas encore majoritaires, mais elles existent.

Par conséquent, il est important d’avoir une carte normale pour palier à ces situations et éviter d’être bloqué.

Si vous ne pouvez pas prétendre à une carte normale, nous vous suggèrons d’avoir des espèces sur vous, en moyenne l’équivalent de 50€ afin d’être tranquille.

Conclusion :

La VISA Ultim est un excellent compagnon de voyage pour payer et retirer sans frais. Boursorama frappe ainsi un grand coup et riposte aux offres des Fintech / Néo avec une carte bien plus permissive mais apportant les mêmes avantages.

Notre conseil reste toutefois de conserver une carte normale, de préférence Gold Mastercard afin d’avoir les 2 réseaux pour accompagner votre carte VISA Ultim.