Revolut change encore d’IBAN pour les clients Européens

Le 31 décembre 2020 approche et un « brexit » sans accord semble se profiler. Nous aurions pu imaginer que les FinTechs avec un agrément de la FCA, l’autorité anglaise de régulation, se soient préparées à cette éventualité depuis longtemps. Dans la réalité, ce n’est pas le cas, toutes ont espéré un accord Europe – Royaume Uni afin de continuer avec leur actuel agrément donné par la FCA.

Des IBAN LT à nouveau chez Revolut

Les puristes de chez Revolut disposent, tout comme nous, d’un IBAN lituanien depuis 2017, en complément de leur IBAN anglais. Revolut n’en est donc pas à sa première tentative de migration, mais la précédente a été interrompue à la suite de problèmes techniques avec le code BIC utilisé par Revolut.

Toutefois, les clients historiques de Revolut qui avaient migré leur compte en 2017 pouvaient toujours utiliser cet IBAN, et il fonctionne tant pour les prélèvements que les virements.

La V1 de l’IBAN LT est adossée au code banque « 39200 » avec le BIC « REVOGB21« . La V2 de l’IBAN LT est adossée au code banque « 32500 » avec le BIC « REVOLT21 »

Les clients historiques ont à présent 3 IBAN, dont 2 lituaniens adossés à leur compte EUR chez Revolut.

Une licence d’établissement de monnaie électronique

Dans un précédent article, nous avons parlé des 2 licences détenues par Revolut en Lituanie. Il nous semblait improbable que Revolut migre ses clients Européens sur la licence « bancaire » dite établissement de crédit. Cette supposition découlait du fait que Revolut avait demandé une licence de monnaie électronique, et c’est celle-ci qui était ouverte dans les pays Européens.

En officialisant à nouveau une migration vers des IBAN « LT », Revolut confirme cette supposition et reste sur une licence en établissement de monnaie électronique. Ils ont donc décidé de ne pas faire usage de leur licence bancaire proche de celle de N26 ou bunq dans la FinTech. Un choix étonnant, car une licence de monnaie électronique est très limitée en termes de capacité et services qu’elle peut offrir aux clients de l’établissement, sans parler d’une non-protection des dépôts.

Des IBAN « FR » prochainement chez Revolut

Il faut dire que le « prochainement » a débuté en 2017. En janvier 2018, Benjamin Belais, l’ancien responsable France chez Revolut, a même officialisé l’arrivée prochaine des IBAN « FR » chez Revolut.

Chez Revolut, et globalement dans les FinTechs, la définition du « prochainement » est une notion très vaste ( Rico si tu nous lis…). On se rappelle du « prochainement » pour Apple Pay chez Revolut… cela s’est compté en années. Finalement, tout comme l’IBAN « FR » chez Revolut…

Nous restons réservés entre l’annonce pour la seconde fois d’un « prochainement » pour les IBAN « FR » et la réalité d’un tel déploiement. D’autant qu’une émission d’IBAN « FR » ne se fait pas en un claquement de doigts. L’annonce d’un « brexit » date de 2016, Revolut, tout comme les autres fintechs, disposait donc de 4 années pour déclencher ces démarches

Les IBAN « LT » une solution dans l’urgence

Plusieurs éléments laissent penser que la Lituanie n’est autre qu’une solution utilisée en urgence en attendant de pouvoir faire mieux. Revolut ne semble pas vouloir faire totalement confiance en ce pays, et n’envisage pas d’en faire son siège en Europe.

Plusieurs experts retrouvent une trace d’une demande de licence en monnaie électronique déposée en Irlande. Ce qui semble cohérent avec une volonté de faire de Dublin le siège européen de Revolut, comme celui d’autres FinTechs. L’Irlande semble donc la grande gagnante pour héberger les sièges sociaux des FinTechs voulant exercer sur le territoire Européen.

Conclusion

Revolut semble hésitant sur son orientation et son évolution. Elle fait visiblement partie des FinTechs qui ont attendu le dernier moment avec l’espoir qu’il n’y ait pas un « no deal » pour le « Brexit » ou que celui-ci soit reporté comme les textes le permettent de 2 ans.

La solution peut encore évoluer, mais plus les jours passent, plus l’espoir d’un « deal » pour les FinTechs disparait. Peut-être au pied du mur, le Royaume Uni acceptera enfin un accord. C’est ce qu’espère encore quelques acteurs du secteur afin de pouvoir user de leur agrément délivré par la FCA.