VISA ou Mastercard, quel réseau choisir ?

Généralement les gens ne connaissent pas les différences entre VISA et Mastercard. Certains expliquent qu’un réseau est davantage évolué et étendu que l’autre. On vous propose donc de voir les différences entre ces deux géants de la carte bancaire.

Les banques proposant le choix en France

Commençons déjà à voir quelles sont les banques qui vous laissent le choix :

  • Crédit Mutuel Alliance Fédérale  / CIC
  • Crédit Agricole
  • Société Générale (et ses autres marques)
  • HSBC.
  • La Banque Populaire ainsi que La Banque Postale proposent très largement VISA. Mastercard trouve une place très discrète dans le catalogue des cartes, exclusivement en version basique.

Les autres institutions vous imposent l’un ou l’autre des réseaux.

Des choix quelquefois historiques

Il faut rappeler qu’historiquement plusieurs banques européennes, y compris les françaises, détenaient des participations dans le groupe VISA Europe. Elles favorisaient donc VISA auprès de leur clientèle. On retrouve toutefois rapidement la préférence de la banque quand on regarde sur quel réseau sont articulés ses services. Par exemple, Apple Pay n’est proposé que sur VISA chez Société Générale, Banque Populaire ou HSBC. Concernant Crédit Agricole, leurs travaux sur le paiement mobile reposent non pas sur VISA mais sur Mastercard.

La presque neutralité du Crédit Mutuel

Seul le groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale / CIC intègre pour le moment les 2 réseaux dans ses solutions de paiement mobile. Difficile de savoir leur préférence, car Monabanq est 100% VISA alors que Banque Casino est 100% Mastercard. Les cartes prestigieuses (Infinite et World Elite) sont disponibles sur les 2 réseaux.  Le groupe semble être plutôt du côté de Mastercard. Il a travaillé avec Mastercard au déploiement d’une carte dédiée aux personnes avec une déficience visuelle.

Il nous semble important de laisser le choix aux clients. On peut donc souligner l’initiative de ces entités qui laissent le choix à leurs clients sans imposer leur stratégie.

« Il est préférable d’avoir une VISA en France car VISA c’est Carte Bleue »

C’est une idée aussi ancienne que l’existence de feu Carte Bleue en France. On rappelle que « CB » sur vos cartes c’est pour « Cartes Bancaires », le nom du réseau domestique Français. Il est vrai que Carte Bleue était fortement lié à VISA Europe en son temps. Depuis son démantèlement, les différents cadres sont allés dans des groupes comme BPCE ou la STET.

Mais CB n’a jamais fait de discrimination. Les commerçants français acceptent donc autant CB que VISA ou Mastercard. Ils peuvent s’ils le veulent n’accepter qu’un seul réseau théoriquement. En pratique cela n’est pas appliqué dans les commerces physiques. On parle du « choix de la marque »

Vous aurez donc compris qu’en France, il n’y a pas de préférence entre VISA et Mastercard.

La seule préférence à avoir en France c’est de disposer d’une carte associée au réseau « CB ». On profite ainsi de tous les avantages du réseau domestique et sa résilience. Il est dommage de voir que les fintech Françaises ne jouent pas le jeu, profitant des travaux de CB mais sans s’y affilier. C’est grâce aux travaux de CB que le taux d’acceptation de la carte est tellement élevé en France.

Il faut préférer VISA car c’est le réseau le plus étendu dans le monde

Faisons l’impasse sur Maestro, nous reviendrons plus tard sur ce réseau. Vous avez plus de commerces dans le monde compatibles avec VISA qu’avec Mastercard. Cela tient du fait que VISA est historiquement associé aux cartes de débit et Mastercard aux cartes de crédit.

En France les commerçants ont un taux moyen pour la carte. Il est rare qu’ils aient un taux pour le débit et un autre pour les cartes en crédit. Mais hors France c’est fréquent qu’il y ait une différence.

Pour éviter de payer trop de frais, les commerçants favorisaient donc VISA à Mastercard. Ils s’assuraient ainsi de réduire la commission qu’il vont verser sur le montant de votre règlement. Même en Europe, et encore à ce jour, on trouve dans des pays nordiques un taux d’acceptation de VISA supérieur à Mastercard et ce n’est pas près de changer.

Quel réseau choisir en dehors de nos frontières ?

En Europe : Les cartes « Maestro » et « Electron »

Parlons de Maestro. On connaît cette carte en France comme la jumelle de la VISA Electron. Vous savez cette carte qu’on octroie aux jeunes ou aux clients avec un risque de défaut élevé. Sachez que si vous avez une Maestro en territoire Européen (donc au-delà des frontières politiques), vous aurez le taux d’acceptation le plus élevé.

Maestro est uniquement un réseau de débit comme V Pay. Les frais étant les plus bas, ceci explique que plusieurs pays acceptent uniquement V Pay et Maestro et refusent Mastercard et VISA.

Si vous allez en Belgique, Suisse, Allemagne, Autriche, Danemark, Pays-Bas,… il vous faudra absolument posséder une Maestro, sinon vous aurez l’impression que ces pays sont encore très portés sur les espèces. En réalité ils prennent la carte, mais que la Maestro ou la V Pay avec une très nette préférence pour Maestro.

En dehors du continent Européen, une Maestro peut fonctionner. Mais il faudra s’assurer que le commerçant soit compatible. En Europe, lorsque Mastercard et VISA sont acceptées, Maestro fonctionnera.

V Pay, qui est associé à VISA doit prochainement changer de nom pour devenir « VISA Debit » Le réseau va continuer d’exister tout comme Maestro. Ce n’est donc pas pour tout de suite que plusieurs pays Européens feront jeu égal entre Mastro/V Pay et VISA/Mastercard.

Munissez vous d’une Maestro lorsque vous voyagez en Europe si vous désirez réduire l’utilisation des espèces. Seuls les groupes Crédit Mutuel Alliance Fédérale et Crédit Agricole proposent ce réseau à leurs clients. Toutes les autres acteurs Français sont absents de Maestro. Dans l’univers de la Fintech, seule la banque bunq propose Maestro, Revolut et N26 proposent uniquement ce réseau à certains de leurs clients, mais pas aux Français.

Hors Europe :

Dans le reste du monde, VISA est fréquemment préféré dans des zones comme l’Asie. Si vous allez dans cette région du monde, vous risquez de voir souvent de voir des affichages d’acceptation de VISA et rien pour Mastercard… C’est encore une histoire de crédit et débit. Il faut dire que le cashback sur les cartes de crédit, et l’usage principal de Mastercard pour ces cartes laissent une idée que Mastercard = Carte de crédit = 3-5% de frais contre 1-2% pour les cartes de débit et donc VISA.

Mastercard est supérieur à VISA en terme de services

Mastercard a toujours mis le porteur (vous) au centre de ses préoccupations. La sécurité est depuis toujours la préoccupation chez Mastercard.

En 2014, une faille était mise en lumière sur le sans contact des cartes VISA par des chercheurs. Ils sont parvenus à contourner les protections de VISA pour aller jusqu’à 999999,99$. Ils se sont toutefois cassés les dents à vouloir le faire sur Mastercard. Visa Europe indiquait prendre en compte les données et voir pour régler ce problème.

En 2016, ces mêmes chercheurs prouvaient qu’avec simplement le numéro d’une carte VISA il était possible de trouver le cryptogramme au dos de la carte. L’attaque est relativement simple. En 6 secondes via un brute force, ils trouvent le cryptogramme en testant les 1000 combinaisons possibles. Là encore, tout comme la faille de 2014, celle-ci ne fonctionne pas sur Mastercard. Les chercheurs reconnaissent à nouveau que Mastercard, après 10 tentatives, détecte et bloque l’attaque.

Mastercard a toujours poussé la sécurisation des outils de paiements sans pour autant entraver la simplicité du paiement. Mastercard propose aussi un système de score sur les transactions permettant d’attribuer une note sur une transaction. En général les transactions à risque dépassent les 10000 points.

Cet outil ne décide pas de la finalité d’une transaction, c’est simplement un indicateur. C’est ensuite à l’émetteur de votre carte de décider s’il accepte ou non la transaction. On remarque d’ailleurs que certains émetteurs de cartes ont des difficultés à bien gérer ce score et refusent des transactions en indiquant au client que c’est un refus Mastercard. C’est par exemple le cas de la fintech française Max, alors que Mastercard ne s’est pas opposé au paiement.

Côté émetteur, Mastercard propose également une gamme de services et un accompagnement lorsqu’un porteur remonte un incident (retrait débité mais le distributeur n’a pas délivré les espèces, ou encore si vous n’avez pas laissé de « tip » mais que le serveur s’est arbitrairement assigné un « tip » après votre départ). Tous ces outils simplifient la vie des émetteurs et permettent plus de réactivité.

Tous ces outils nécessitent une maîtrise et une bonne prise en main de leurs fonctionnements pour éviter les erreurs d’appréciations. Mais lorsque l’émetteur les maîtrise, ils offrent leurs puissances (on dirait une publicité pour une voiture). Mais on voit que Curve, Starling, Monzo, N26,… exploitent tout le potentiel de ces outils pour le confort et la sécurité de leurs clients.

La délégation d’autorisation

Revenons sur vous le porteur ! Mastercard propose aussi un service qui est la délégation d’autorisation. Concrètement, lorsque l’émetteur de votre carte est indisponible et l’incident est avéré, Mastercard peut se substituer à ce dernier. C’est Mastercard qui assurera alors la continuité de vos paiements.

En 2018 VISA connaissait plusieurs heures de pannes paralysants totalement leurs porteurs, Mastercard a pour sa part également essuyé moins de 10 minutes de pannes en raison de la défaillance d’un partenaire. Crédit Mutuel Alliance Fédérale et Crédit Agricole n’ont pas été impacté, peut être en raison de leur architecture pour accepter Maestro. Mais Arkea par exemple était totalement indisponible comme Société Générale, HSBC, Carrefour Banque.

Lorsque l’incident fût avéré et que certains émetteurs ne « remontaient » pas leurs sessions avec Mastercard. Mastercard a activé le mécanisme de délégation, ce fût le cas pour N26 par exemple. A la fin de l’incident avec le partenaire de Mastercard, les émetteurs compatibles et ne revenant pas ont ainsi bénéficié de ce dispositif pour ne pas bloquer leurs clients. Dans le monde de la fintech, bunq et N26 furent les 2 seules néobanques à êtres « compatibles ». Leurs clients n’ont donc pas eu les paiements en temps réel, mais seulement après quelques jours, un peu comme du offline.

ECA : l’avance de cash en urgence

Un dernier petit exemple d’un service que Mastercard fût le premier à initier, égalé par VISA à ce jour. On s’étonne aujourd’hui que certaines banques ne proposent pas un 24/7 à leurs clients pour les assister en cas de difficulté avec leur carte (paiement refusé, carte défectueuse, plafond atteint, …).

Depuis au moins 2007, Crédit Agricole et Crédit Mutuel Alliance Fédérale / CIC proposent un 24/7 en Français à leurs clients. Ils sont rejoins depuis par la Société Générale ou encore La Banque Postale. Ces services permettent ainsi de vous expliquer la raison du refus de votre paiement, palier au problème, débloquer la carte, modifier vos capacités de paiements,… Mais cela reste encore rare.

Mastercard a lancé un service qui se nomme l’ECA (l’avance de cash en urgence). Ce service peut analyser votre situation et vous mettre à disposition une carte de secours et des espèces. La facturation de l’ECA va varier selon les banques, il faut compter en moyenne 100€ par demande. Visa a ajouté, par la suite, ces prestations via le GCAS (Global Card Assistance Service) à ses services afin de fournir une assistance aux porteurs affiliés à son réseau.

Mastercard est donc davantage dans l’accompagnement, le conseil et le partenariat. Prenez par exemple une VISA Premier, Platinum ou Infinite et regardez où se trouve le logo de notre réseau domestiques CB. On vous donne un indice, il faut retourner la carte pour le voir. Prenez une Mastercard Gold, Platinum ou World Elite, vous trouverez le logo CB sur l’avant de votre carte.

La mentalité et la philosophie des 2 réseaux sont différentes, cela n’enlève en rien le fait que les 2 s’efforcent de proposer le meilleur service. On s’étonne juste que VISA soit resté indisponible plusieurs heures en 2018 et n’ait pas été en mesure de relancer un système de secours.

VISA propose un accompagnement et un soutien financier aux acteurs du marché, chose que Mastercard ne fait pas dans les mêmes proportions. On ne s’étonnera pas de voir certaines Fintech passer sur VISA dans les prochains temps, car VISA se met au niveau de Mastercard dans les outils, en offrant en plus cette aide.

La meilleure combinaison au quotidien

On commence par vous rappeler qu’il ne faut jamais se reposer uniquement sur une carte délivrée par une néobanque ou une Fintech. Vous devez toujours avoir une carte émise par une banque traditionnelle sur vous.
A ce jour, seuls bunq et N26 s’approchent du niveau d’acceptation d’une carte émise par les banques historiques, mais vous aurez tout de même un taux de refus supérieur à la carte de votre banque.

Si vous êtes en France, le plus important c’est d’avoir une carte cobadgée, c’est à dire ayant CB et l’un des 2 réseaux (VISA ou Mastercard). Votre carte embarque ainsi l’équivalent de 2 cartes sans que vous ayez à comprendre comment cela fonctionne.

Lorsque vous voyagez en Europe, équipez-vous d’une Maestro en complément d’une carte VISA et Mastercard, mais on vous recommande d’avoir une VISA et une Maestro en Europe pour avoir les 2 réseaux.

Hors Europe, ne vous encombrez pas d’une Maestro, choisissez une Mastercard et une VISA au minimum.

Pour les voyageurs, nous vous recommandons de choisir une VISA auprès de votre banque historique et en complément vous optez pour carte chez bunq ou chez N26 afin de ne pas avoir de frais et un taux d’acceptation supérieur à une carte comme Revolut, Max, Lydia, Morning,…

Si vous avez plus que 2 emplacements cartes, ajoutez une carte American Express.

Revolut à ce jour passe tout comme d’autres Fintech par une entité nommée GPS (Global Payments Systems). Il n’est pas rare de voir des paiements refusés en raison d’une anomalie chez leur partenaire. Depuis de nombreux mois, Revolut indique travailler sur un système maison afin de régler ces problèmes. A ce jour, le système maison n’est toujours pas en place pour les clients, et les incidents existent toujours.

Max a également cumulé les incidents techniques et leur gestion du score Mastercard manque de précision. Malgré le fait d’être adossé à une banque traditionnelle, le système souffre d’un taux de rejet bien supérieur à des acteurs comme N26 ou bunq. Sans compter les risques de rejets qui sont liés à l’agrégation. A cela s’ajoute une configuration de carte beaucoup trop restrictive qui tient d’une configuration destinée aux adolescents plus qu’aux voyageurs. On note aussi des comportements étranges, par exemple des transactions Apple Pay refusées au motif que le commerçant n’est pas compatible alors que la même transaction via N26 ou bunq fonctionne en Apple Pay.

Curve, bien que le service ait appliqué une configuration sur ses cartes pour les voyageurs (contrairement à Max), a le même point d’incident que Revolut à savoir GPS.

On vous recommande donc fortement N26 et bunq ( toujours sans b majuscule et toujours sans lien de parrainage !!) dans les fintech pour votre confort et votre sérénité à l’étranger.

Il n’y a rien de plus agaçant d’avoir une transaction refusée. Mais le conseil porte également sur la configuration de la carte que ces 2 acteurs ont poussés sur leurs cartes. Ils ont une offre pour les voyageurs et ils ont pensé l’outil de paiement en ce sens. Vous n’aurez ainsi pas de refus liés au comportement du commerçant qui préférera la piste à la puce par exemple.

En conclusion

  • VISA garde une longueur d’avance sur la quantité de lieux d’acceptation.
  • Mastercard se montrera plus robuste et résilient concernant la sécurité ou le taux de disponibilité.
  • Dans l’idéal, obtenez une Mastercard et une VISA auprès de 2 émetteurs indépendants. Ainsi, si votre banque rencontre un dysfonctionnement, par exemple récemment la BNP / BNP PF, ou Arkea (CMB, CMSO, CMMC, Fortuneo, Max,…) il y a quelques mois, vous aurez la seconde carte auprès d’une autre banque indépendante.
  • Contactez votre banque également afin de connaître les coordonnées du service 24/7 (si elle en un) afin de vous venir en aide en dehors des heures d’ouvertures de votre banque. Ce service est généralement indépendant de celui du service s’occupant des oppositions. Assurez-vous que votre banque comprenne bien votre demande et ne suppose pas que vous parlez du service opposition, mais bien d’un service pouvant déplafonner la carte par exemple.